Le Yi King

Apparu 1500 ans avant J.-C., le Yi King, le "Livre des mutations" ou "Classique des changements", fait partie des livres les plus importants de la littérature asiatique. Au fondement de la pensée chinoise, il occupe encore aujourd'hui l'attention des plus éminents lettrés du monde entier.

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"Le Yi King n'est pas un livre de divination, nous dit Cyrille J.D. Javary, il est une carte du monde qui tente de rendre compte à la fois de la nature et de ses changements, des humains et de leurs relations, changeantes également". Il permet de mieux comprendre une situation et propose 64 stratégies d'action, à travers 64 hexagrammes savants.

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Soumis aux divers événements de la vie, chacun devient le coauteur de son destin. Le futur restant imprévisible, le Yi King nous renseigne sur ce que nous pouvons faire. Il attire notre attention sur ce qui est de l'ordre de notre responsabilité. Il nous conduit à harmoniser notre vie avec les lois de la nature.
Comment fonctionne le Yi King? Comment s'en servir? Qu'est-ce que le hasard dans la pensée chinoise? Réponse de l'auteur dans cette vidéo conférence de 41 minutes.

Extrait de la vidéo

Le Yīqíng, classique des changements est un ouvrage qui est arrivé assez récemment dans notre civilisation. La première traduction en langue européenne, en latin, a été faite au début du XVIIIe siècle seulement. Alors que c'est un des piliers de la pensée chinoise, c'est le premier des cinq classiques confucéens dont la connaissance était exigée par cœur à tout candidat des examens impériaux, examens qui menaient à tous les postes impériaux depuis maire de petite ville jusqu'à premier ministre.

Et c'est un ouvrage qui est en général mal compris car on en fait un livre de divination, alors qu'en fait c'est à la fois un plan du monde et en même temps un manuel d'aide à la prise de décision. L'écriture chinoise et le Yīqíng sont contemporains, ils sont à l'origine même de la culture chinoise qui a commencé à savoir écrire vers 1500 avant Jésus-Christ. À cette époque-là, l'écriture servait à transcrire les messages des venants des entités invisibles, les ancêtres des fins et les puissances célestes.

Comment faisait-on ? Eh bien, on utilisait des carapaces de tortues. Voilà un facsimilé de ces carapaces de tortues. Qu'est-ce qu'on faisait ?

On creusait sur la partie intérieure de ces carapaces des petites cavités que vous voyez ici et là. On y appliquait un objet métallique chaud à l'intérieur et cela produisait de l'autre côté des fissures. Et selon la forme de ces fissures, les devins de cette époque-là prenaient des informations sur la qualité du moment pour savoir si l'action qu'ils voulaient entreprendre était ou non en rapport avec le moment, avec la situation.

Mais les Chinois sont des gens méticuleux et donc ils gardaient ces carapaces de tortues pour vérifier par la suite si leur auguration, si leur analyse de la qualité du moment était juste ou non. On a découvert ces bibliothèques de devins et on y a trouvé, gravé à même la carapace, le résumé de l'auguration de ces gens-là qui sont les premiers caractères chinois. On a tellement pratiqué ce genre d'auguration sur des carapaces de tortues qu'il est arrivé ce qu'on appellerait aujourd'hui une catastrophe écologique, c'est-à-dire la disparition des tortues d'eau douce en Chine du Nord.

Et donc comment faire ? Et bien à ce moment-là, les Chinois ont eu une idée. Ils se sont dit, parce qu'ils avaient une conception circulaire du temps, qui est bien une commune à des peuples paysans, sédentaires comme le sont les Chinois depuis plus de dix mille ans, qui est que ce qui arrive aujourd'hui a dû certainement déjà arriver à un autre moment quand les conditions générales étaient les mêmes.

Et donc ils se sont dit, si aujourd'hui nous voulons nous interroger sur la validité d'une action, sans doute nous devrions trouver dans nos archives une carapace de tortue qui donnerait les mêmes types d'informations. Seulement comment rechercher parmi toutes les archives que nous avons celles qui correspondraient à la carapace de tortue que nous aurions brûlée aujourd'hui ? Et ils ont pour cela inventé une méthode aléatoire, à l'aide de tiges d'aquilée, qui sert toujours maintenant pour la consultation du Yiking et dont nous reparlerons plus tard.

Mais manipuler des archives de carapaces de tortue, c'est un peu compliqué. Et donc ils se sont dit, peut-être qu'on pourrait recopier toutes ces informations sur des supports plus maniables. Et donc ils ont entrepris de recopier toutes leurs archives et on estime qu'il y a eu plus de cent mille carapaces de tortue qui étaient conservées dans les bibliothèques de cette époque. Ils les ont rassemblées et ils les ont recopiées sur des tiges de bois pour obtenir quelque chose qui ressemble à cela.

Voilà un facsimile d'un livre de cette époque. Ce n'est pas un livre du Yiking, c'est un livre médical. Et cela vous explique aussi pourquoi les Chinois ont l'habitude d'écrire en colonnes. Et donc petit à petit, cet ensemble d'informations a été compressé, réduit, jusqu'à finalement représenter un ensemble de 64 situations types qui ont été rabotés jusqu'à leur architecture énergétique.

Pour cela, il fallait un sceau qualitatif. Et ce sceau qualitatif, ce sont les idées de Yin et de Yang. Yin et Yang sont en effet les piliers du Yiking et on peut dire que le Yiking est le grand livre du Yin et du Yang. Yiking, ce sont deux idéogrammes chinois qui signifient livre des changements.

Yin s'écrit de cette façon là et l'idéogramme représente en haut le soleil, en bas la pluie. Et le mot Yin a trois sens. Son premier sens, c'est changement. Le passage du soleil à la pluie, de la pluie au soleil, les changements de temps.

Son deuxième sens, c'est simple, facile. Car il n'y a rien de plus simple que de passer du soleil à la pluie et de la pluie au soleil, il suffit de donner du temps au temps. Et son troisième sens, c'est loi fixe. Loi fixe, car le changement est la seule base stable sur laquelle on puisse bâtir une stratégie efficace.

Le deuxième idéogramme de Yiking, c'est celui-ci. Yiking, je le mets entre parenthèses parce qu'il se prononce en chinois Jing. De quoi ce mot est-il composé ? On voit à gauche le signe général de la soie qui évoque tout ce qui est organisé en réseau.

Et on voit sur la droite cet ensemble. Ces trois traits représentent un flux. Ils sont sous un trait horizontal pour évoquer que ce flux est invisible, intérieur. Il évoque tous les flux

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