Du Logos et du Père

Le chapitre XVII du quatrième évangile est un passage singulier dans tout le canon chrétien. Jésus, le Dieu fait homme, le Logos incarné, s’y adresse longuement à un "autre" Dieu, le Père des Cieux; et cela, quelques instants seulement avant son arrestation.

Jean Pataut nous livre ici, dans ce qu’il nomme "un essai ésotérique", un commentaire inhabituel sur ce texte central de la pensée johannique. Pour cela, il prend comme principale grille de lecture l’Arbre séphirotique et replace ce chapitre XVII dans le cadre culturel de la pensée hellénique, alors dominante aux temps du christianisme naissant - d’où de nombreuses références au gnosticisme et au néoplatonisme.

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Sébastien Morgan Du Logos et du PèreSébastien Morgan Du Logos et du Père

Un entretien mené par Sébastien Morgan qui ne manquera pas de vous familiariser avec des notions théologiques subtiles….
Les réponses de Jean Pataut nous invitent à méditer sur la nature et les mystères du Christianisme en tant que "nouvelle alliance", trinitaire*, émergeant du monothéisme stricto sensu de la Tradition juive qui prévalait alors.

* La Trinité dans le christianisme représente la compréhension du Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, tous trois égaux, participant d'une même essence divine et pourtant fondamentalement distincts.

Extrait de la vidéo

Alors ce soir, nous accueillons M. Jean Pâteau, bonsoir Jean. Bonsoir Sebastien. Alors Jean Pâteau, vous êtes docteur en droit et vous avez fait une longue carrière dans des organisations internationales et des groupements patronaux.

Et en plus de cela, vous manifestez, vous avez depuis longtemps je suppose, manifesté un intérêt pour la chose spirituelle. Et vous êtes l'auteur, ce qui nous intéresse ce soir, vous êtes l'auteur d'un livre publié aux éditions Arke, du Logos et du Père, Interrogation sur le chapitre 17 de l'Évangile selon Jean. Je vous le montre à la caméra. Alors c'est un, déjà c'est un très beau livre, c'est une très très belle édition, agrémentée de belles gravures de dureur.

Et ma première question Jean, c'est que le livre est sous-titré Essais ésotériques. Alors ma première question est, qu'entendez-vous par là ? Parce que le terme ésotérique, malheureusement aujourd'hui, se trouve un peu galvaudé. Dans le rayon ésotérique des librairies, on trouve un peu n'importe quoi.

Et donc, qu'entendez-vous par Essais ésotériques ? Il n'est pas facile de définir l'ésotérisme. Peut-être pour faire simple, on peut dire que ce n'est pas exotérique, que l'analyse s'écarte des lectures exotériques. Je ne sais pas si la réponse suffit.

Voilà, donc exotérique, étymologiquement, c'est quoi ? C'est ce qui est à l'extérieur. Ce qui est à l'extérieur et à l'ésotérique, c'est ce qui est à l'intérieur. Donc c'est donc une lecture intérieure du chapitre 17 de l'Évangile des gens.

On peut dire cela. Il ne semble pas qu'on ne devait lire le livre, le texte, le chapitre ? J'imagine effectivement que nos spectateurs n'ont pas forcément le chapitre 17 de l'Évangile des gens en tête. Parce qu'il est court.

Oui, il est court, nous allons donc le lire. Je vous propose que je lise la première moitié et que vous vous embrayiez pour la deuxième moitié. Comme ça, nous ferons une lecture. Je commence donc.

Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit Père, l'heure est venue. Glorifie ton fils, afin que ton fils te glorifie. Et que selon le pouvoir sur toute chair que tu lui as donné, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donné. Or, la vie éternelle, c'est qu'il te connaisse, toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.

Je t'ai glorifié sur la terre. J'ai achevé l'œuvre que tu m'as donné à faire. Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût. J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu as tirés du monde pour me les donner.

Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont observé sa parole. Ils savent maintenant que ce que tu m'as donné vient de toi, que les paroles que je leur ai données sont celles que tu m'as données. Ils les ont reçues, ils ont véritablement connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. Je prie pour eux.

Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés. Ils sont à toi. Et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi. Et j'ai été glorifié en eux.

Désormais, je ne suis plus dans le monde. Eux restent dans le monde, tandis que moi, je vais à toi. Père Saint, garde-les dans ton nom que tu m'as donné pour qu'ils soient un comme nous sommes un. Lorsque j'étais avec eux, je les gardais dans ton nom que tu m'as donné.

Je les ai protégés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition. En sorte que l'écriture soit accomplie. Maintenant, je vais à toi, et je dis ces paroles au monde pour qu'ils aient en eux ma joie dans sa plénitude. Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs.

Le L.E.S., il s'agit des hommes que le Père a donnés au fils. Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde. Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder de mauvais. Ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde.

Consacre-les par la vérité. Ta parole est vérité. Comme toi, tu m'as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. Et pour eux, je me consacre moi-même, afin qu'ils soient eux aussi consacrés par la vérité.

Je ne prie pas seulement pour eux. Je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, qui es en moi et que je suis en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, afin que le monde croit et que tu m'as envoyé.

Nous avons encore quatre versets. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un. Moi en eux comme toi en moi, pour qu'ils parviennent à l'unité parfaite et qu'ainsi le monde puisse connaître que c'est toi qui m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m'as donnés soient eux aussi avec moi et qu'ils contemplent la gloire que tu m'as donnée, car tu m'as aimé dès avant la fondation du monde.

Père juste, tandis que le monde ne t'a pas connu, je t'ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom et je leur ferai connaître encore afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, soit en eux et moi en eux. Voilà Jean. Alors, dites-nous pourquoi ce livre, moi je l'ai bien apprécié.

Pour deux raisons. Premièrement, c'est un livre sérieux. Je pense que ça vaut la peine de le dire, parce que dans le monde de la littérature spirituelle et surtout ésotérique, il y a beaucoup de choses qui ne sont pas trop sérieuses. Ici, on sent que c'est une réflexion, mûrie à la lumière de textes d'Éperre, de textes gnostiques, de textes cabalistes.

Vous avez une bibliographie en train d'ouvrir qui est assez conséquente. C'est vraiment très très bien. Et d'autant plus, la deuxième raison qui me fait aimer ce livre, c'est que c'est une réflexion personnelle. Donc à la fois, vous vous nourrissez des sources solides et d'autre part, on sent que c'est quelque chose qui est mûri.

Alors comment vous est venue justement l'idée de mûrir ce chapitre-là en particulier ? Parce qu'avant cela, j'avais commenté par écrit à différentes reprises le prologue de Jean et le chapitre 3 de Jean. Et en quelque sorte, ce chapitre 17, dont il serait peut-être approprié de donner le contexte dans le quatrième épisode, ce chapitre 17 est quelque part le pendant du prologue.

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