La Tradition et la voie des maîtres

Dans cet exposé, Patrick Négrier nous emmène à Avon, au Prieuré des Basses Loges où vécut G. I. Gurdjieff, pour une promenade méditative sur "La Tradition et la voie des maîtres".

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Extrait de la vidéo

Qu'est-ce que la tradition ?

Étymologiquement, ce mot vient du verbe latin tradere qui signifie transmettre.

La tradition est donc quelque chose qui se transmet à quelqu'un qui le reçoit.

Mais si la tradition se transmet, il faut qu'à l'origine de la chaîne humaine de transmission, le premier individu qui transmet cette tradition l'ait lui aussi reçu.

Et comme il ne peut l'avoir reçu d'un transmetteur humain, puisqu'il est le premier maillon de la chaîne humaine de transmission, ce premier maillon de la tradition a donc nécessairement reçu cette dernière de ce qui n'est pas un être humain.

Étant donné que la tradition est tissée de l'intelligibilité du monde, c'est-à-dire de l'intelligibilité de l'ensemble de ce qui existe, et en particulier des relations des humains avec le monde, ce que reçoit dans son intelligence l'être humain inaugurant la chaîne de transmission de la tradition est donc la compréhension de l'intelligibilité du monde et des relations humaines au monde.

Et comme cette transmission initiale de la tradition à l'intelligence humaine constitue une révélation, la tradition commence à se manifester en tant que révélation.

Le fait que de l'intelligible se révèle à l'intelligence humaine prouve l'existence de cet intelligible.

Dans le monde, il n'y a donc pas seulement des phénomènes sensibles comme les choses visibles.

Il y a aussi quelque chose d'invisible qu'est l'intelligible.

Et comme cet intelligible existe, il n'est pas rien.

Il faut en tenir compte dans sa vie, et ainsi ni le monde ni la vie ne paraîtront absurdes.

Face à l'existence de cet intelligible qui s'était révélé à eux, les anciens tinrent à affirmer l'existence de cet intelligible en l'appelant ce qui est, l'être.

Et c'est précisément cet être, c'est-à-dire cet intelligible réellement existant et persistant, que les anciens appelaient « il était, il est, il sera » en hébreu Jehovah.

Et comme ce qui est est à la fois intelligible, c'est-à-dire rationnel, et dissible, Saint Jean appela cet intelligible, qui est aussi dissible, « logos », c'est-à-dire à la fois raison et parole.

Cet intelligible, également dissible, étant ainsi une parole révélée à l'intelligence humaine, les anciens israélites le symbolisèrent par la manne qui tomba du ciel durant l'Exode dans le désert.

En hébreu, le désert se dit « midbar », c'est-à-dire parole, parce que dans le désert, la seule chose que l'homme perçoit, outre le désert, le ciel et le vent, c'est la parole, c'est-à-dire cet intelligible qui se murmure dans la solitude et le silence à la conscience.

Ainsi, cette manne qui tombait du ciel dans le midbar n'était autre que la parole nourricière, exprimant l'intelligible qui se murmure à la conscience.

Et comme la révélation de cet intelligible était une chose nouvelle pour les anciens, c'est-à-dire nouvelle par rapport au phénomène de la nature qui leur était familier, le monde des choses sensibles, ils appelaient cet intelligible « manne », mot dont le modèle hébreu « mannou » signifie « qu'est-ce que c'est ? » Demander ce que cela est, c'est reconnaître que cet intelligible était jusqu'alors inconnu.

Mais dire que cet intelligible jusqu'alors inconnu est, c'est reconnaître qu'il existe et qu'il était connaissable.

Lorsque plus tard Jésus de Nazareth se comparera à cette manne en disant « je suis le pain », il signifiera par là qu'il incarnait lui-même cet intelligible nourricier représenté par la manne, parce qu'en qualité de saint, il pratiquait lui-même les vérités nourricières composant cet intelligible.

L'intelligibilité du monde et des relations humaines au monde se révèle à l'intelligence humaine, en premier lieu, dans le contexte d'horreur qui pose à l'être humain le problème de la manière de les surmonter.

La mort naturelle et ses ambassadeurs comme la solitude, la pauvreté, la maladie ou l'infirmité, mais aussi les accidents comme ceux provoqués par l'alcool, par le tabac et autres drogues, les formes criminelles de mort comme le meurtre et la guerre, et enfin les agressions subies comme les violences physiques, coups, vols, viols ou verbales, injures, menaces, mensonges.

Ainsi, l'intelligibilité du monde et des relations humaines au monde se révèlent-elles à l'intelligence à travers le sang versé qui fait couler des larmes.

Ces horreurs, c'est ce que la franc-maçonnerie vise en pratiquant un signe d'horreur et ce que Gurdjieff appelait l'horreur de la situation.

Ne dites pas que vous n'êtes pas concerné, car tôt ou tard, et quelle que soit votre sécurité actuelle apparente, cela pourra un jour vous atteindre et remettre en question votre sentiment actuellement illusoire de sécurité.

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