L’Abbé Julio et le catholicisme français fin XIXème

Que reproche-t-on à précisément à l’Abbé Julio (1844-1912) ? D’avoir dénoncé les exactions de ses pairs ? De réhabiliter de vieilles prières chrétiennes et d’affirmer leur opérativité ? Pour Denis Labouré, lisant un extrait des Grands secrets Merveilleux de l’Abbé Julio, qui résume bien la voie qu’emprunta l’Abbé Julio  : « Il y a en France 50.000 prêtres. Il devrait y avoir 50.000 prodiges quotidiens, 50.000 guérisons physiques et psychiques…

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 Et bien à vous qui nous lisez, nous le disons en vérité : n’y aurait-il que quelques milliers de prêtres conservant intact le feu sacré de la foi et de la prière que ce serait assez pour sauver le Monde. N’y en aurait-il qu’une douzaine, n’y en aurait-il qu’un seul que l’Eglise de mon Jésus serait toujours vivante. Allez donc, chrétiens ou non-chrétiens, allez trouver ces Christ, il y en a dans tous les diocèses de France, il y en a par toute la Terre. Demandez-leur de prier, de bénir vos personnes, vos familles, vos maisons (…) tout est matière à bénédiction. Ils ne refuseront pas ou du moins ils ne devraient pas refuser, s’ils sont des prêtres saints et savants, car ils en comprendront toutes les ardeurs sacerdotales.
Denis Labouréles secrets merveilleux Abbé Julio
Et s’ils sont endormis ou trop craintifs, notre parole les réveillera comme un coup de clairon, ils se rappelleront  leur mission sublime que nul n’exaltera jamais trop. Ils useront de leur pouvoir et  feront des prodiges dans les âmes et les corps…. »
Souhaitez-vous saisir le contexte historique et spirituel des années 1870 (Concile Vatican I, création des églises vieilles catholiques, conflit avec la Prusse…) durant lesquelles cet homme hors du commun a tenté de suivre les choix que sa Foi de chrétien lui intimer ?
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Réponse de Denis Labouré dans cet exposé de 32 Minutes qui sera suivi d’un second volet intitulé « Les outils de l’Abbé Julio ».

 

Extrait de la vidéo

L'Abbé Julio, c'est un grand sujet, un sujet d'autant plus intéressant qu'en 2012, nous fêtons le centenaire de sa disparition.

Je dirais que la redécouverte de cette œuvre m'apparaît tomber à propos.

L'Abbé Julio étant né en 1844, il est important de comprendre la situation à la fois politique et religieuse en France à la fin du XIXe siècle, surtout vers les années 1870-1900, qui sont donc les années de maturité de l'Abbé Julio.

Je ne parle pas de son enfance, ce n'est pas vraiment le sujet.

A la fin du XIXe siècle, on est dans un combat gigantesque en France.

Nous avons deux forces en présence.

Nous avons le milieu catholique qui est généralement conservateur, généralement royaliste encore puisqu'il y a moins de 100 ans depuis la Révolution française.

Et en face, nous avons le milieu à la fois républicain, à la fois anticlérical, à la fois souvent nasonique, sous l'influence du Grand Orient de France, et se joue une partie de carte qui est extrêmement difficile.

Difficile parce que les deux côtés ont abouti à des extrémismes, à des comportements d'un politique extrémiste tout à fait inadmissible.

D'un côté, nous avons qui ? Nous avons les héritiers de Voltaire et de la Révolution française.

On en connaît les conséquences.

Déjà avec Voltaire, comme l'a bien montré Xavier Martin, nous avons affaire à un mythe qui s'effondre dès que nous nous intéressons plus précisément à sa biographie.

Il faut savoir que ce que l'on nomme les Lumières, ce sont des auteurs qui souvent se haïssaient, se détestaient, étaient en conflit les uns avec les autres.

Et par exemple, Voltaire est un personnage qui utilisait ses relations dans la police pour pouvoir faire embastiller ses contradicteurs.

Donc il faut savoir que nous avons des courriers d'épouses d'écrivains de l'époque qui écrivent à Voltaire pour lui demander pourquoi il est si méchant.

Il faut voir Voltaire écrivant aux autorités suisses, demandant qu'on brûle dans un auto d'affait les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau et qu'on pende celui-ci.

Il faut voir Voltaire écrivant qu'il se contrebalance, c'est le mot exact, du malheur des esclaves noirs dans les plantations.

Il faut voir Voltaire écrivant que les juifs sont, je cite, « la nation la plus détestable qui ait souillé la terre ».

Donc il faut faire très attention lorsque l'on idéalise un camp par rapport à l'autre.

Tout à l'heure, je parlerai du milieu catholique qui n'était guère plus glorieux.

Nous avons eu la Révolution française avec ses points forts et ses points faibles à 50 kilomètres d'ici en cinq mois, c'est-à-dire du 30 novembre 1793 au 6 avril 1794.

Ce sont 1684 personnes qui ont été guillotinées à Lyon en cinq mois et nous n'avons pas affaire à des aristocrates pour l'essentiel.

Voltaire qui avait lancé une grande campagne contre l'alliance du gouvernement français avec l'Autriche.

On sait qu'on a ensuite accusé Louis XVI d'avoir trafiqué avec l'ennemi, d'être marié à l'Autrichienne.

En réalité, depuis le traité de Westphalie, il y avait un équilibre qui était maintenu par la monarchie française où on avait une alliance avec l'Autriche et on maintenait l'indépendance des états allemands, quitte d'ailleurs à financer certains de ces états allemands pour qu'ils puissent survivre en tant qu'entités, en sachant que le jour où les états allemands se fédéraient autour de la Prusse, ça pouvait devenir très dangereux pour la France.

Donc on sait ce qui est arrivé, c'est-à-dire qu'en moins de 70 ans, la France a été envahie trois fois par l'Allemagne ensuite.

Il faut voir que lorsque l'on parle des religions qui ont été cause de guerre, il faut là aussi être honnête.

Les deux idéologies les plus meurtrières que l'humanité ait connues, c'était le nazisme et le communisme.

Le point commun de ces deux idéologies, c'est qu'elles étaient athées militantes et que pour elles, l'homme était réduit au résultat d'une évolution, d'une lutte pour les plus aptes ou d'une lutte reposant sur des circonstances économiques et qu'à partir de ce moment-là, on ne voit pas pourquoi on respecterait une machine améliorée.

Donc faire très attention à l'idéalisation d'un camp, de la liberté contre le fanatisme parce que du fanatisme, on en a eu des deux côtés.

On se souvient de la séparation d'église et de l'état qui a peut-être été un grand bien pour la religion sur le long terme dans la mesure où elle lui a enlevé un pouvoir temporel, mais on a aussi les moines expulsés de leurs monastères, emmenés dans les paniers à salade avec la population excitée qui leur lance des pierres.

Donc c'est très complexe.

En face, ça n'est guère mieux.

Quand je dis en face, côté catholique, ça n'est guère mieux.

Alors on a une église extrêmement conservatrice.

On a pu dire qu'au XIXe siècle, l'église catholique avait perdu les ouvriers et qu'au XXe siècle, elle avait perdu les femmes.

Alors c'est peut-être simplifié à outrance, mais ça n'est pas faux.

On a une rigidité doctrinale qui est absolument terrible.

Je me permets de lire un petit extrait de l'encyclique Mirarivos du 15 août 1832 que nous devons au pape Grégoire XVI.

De cette source puante de l'indifférentisme, je m'excuse pour le vocabulaire, ce n'est pas moi l'auteur, de l'indifférentisme, c'est-à-dire du fait qu'on considère toutes les grandes traditions spirituelles comme valables, de cette source puante de l'indifférentisme sort cette idée absurde et erronée, ou plutôt cette folie, qu'il faut garantir et réclamer pour chacun la liberté de conscience.

A cette erreur pestilentielle, la voie est préparée par la pleine et déréglée liberté d'opinion qui partout se répand au détriment de l'Église et de l'État.

La contre-offensive aux assauts du rationalisme, comme l'a très bien écrit Jean Borella, a été menée par des catholiques qui n'avaient pas raison.

Enfin, comment dire ça ? Le camp rationaliste et athée avait tort, mais la contre-offensive a été menée par des catholiques qui n'avaient pas raison.

Et je pense que ça exprime très très bien la situation.

On aboutit en 1870 au concile Vatican I et on sait que l'un des points de ce concile, c'est d'avoir proclamé l'infaillibilité pontificale, c'est-à-dire lorsque le pape parle ex cathédra, c'est-à-dire lorsqu'il engage l'Église, il est considéré comme infaillible.

Il faut savoir que c'est contraire à la tradition catholique dans la mesure où le concile a toujours eu prédominance sur les papes.

Un exemple très simple, c'est l'épisode des papes d'Avignon où ce sont les conciles qui ont installé et déposé les papes.

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