La magie juive, intercession avec les lois de la création
Serions-nous les témoins d’une dictature d’un genre nouveau, invisible et apparemment indolore, nommée « pensée unique »… ? Une situation qui ne date pas d’hier, certes, mais qui s’est subrepticement accélérée à un point où, actuellement, l’uniformité, et son corollaire intellectuel nommé « mainstream », est devenue reine. Une situation où ses « discours de vérité » ne sont que mensonges et cacophonies, façonnés dans une forge matérialiste et alimentés à grand renfort de séduction et d’utilitarisme.
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Il y a un couac néanmoins dans cette marche triomphaliste et certaines personnes, depuis l’aube des temps, y opposent une ferme résistance, invisible, elle-aussi.
Elles sont rabbins, moines, curés, prêtres itinérants, mystique ou « élues ». Leur perception du monde est réellement globale, pansophique, et ne se borne pas aux quatre règnes communément admis : animal, végétal, minéral et humain. Pour elles, le monde de la manifestation, des phénomènes visibles et de la matérialité corruptible ne représente que la partie émergée de l’iceberg.. .
La magie : identifier les forces invisibles en présence puis les canaliser pour réaliser un souhait, atteindre un but précis.
Ces personnes ont ainsi la faculté de rendre dicible l’indicible, et de voir l’invisible : les esprits, archanges et démons. Intercéder avec ces hiérarchies se nomme « magie ». Un sujet brûlant, de nos jours comme hier, que l’on peut aborder sous différents versants : historique, religieux, anthropologique, voire pratique. Mais ne s’improvise pas « mage » qui veut et cet entretien ne portera pas sur cet aspect-là.
Une genizah : un entrepôt sacré devenu « poubelle » puis, au fil du temps, « trésor » pour les archéologues du XXème siècle.


Vers 1880, un chercheur juif découvrit, dans une synagogue au Caire, une cavité : une « genizah», remplie de plus de 200.000 pièces. Il faut rappeler que pour les Juifs, leurs lettres étant sacrées, tout écrit ou objet de culte devenu hors d’usage ne peut être détruit : ils étaient donc confinés dans ces genizoth, ces sanctuaires-poubelles, où les lettres devaient poursuivre leur lente désagrégation au rythme décidé par l’éternité. C’était sans compter sur la curiosité des archéologues !
Emma Abate, chercheuse d’origine italienne, travaille depuis de nombreuses années sur ces découvertes, notamment celles du Caire, dont les datations s’étalent entre le IXème et le XIXème siècle, soit mille ans. Ses recherches portent principalement sur les manuscrits, objets liturgiques et magiques.
Magie golémique, amulettes, talismans et séguloth…
Au cours de cet entretien mené par notre journaliste Jocelin Morisson, elle revient sur les particularités de certains ex-voto pour le moins « très étranges » exhumés par les archéologues dans cette genizah devenue célèbre ; et disséminés depuis dans les musées du monde entier. Elle nous détaille ainsi les différents usage, les inscriptions et finalités que procuraient ces amulettes, talismans et fameux séguloth... Un vrai parcours « à la Indiana Jones » au cœur de la magie juive avec, en plus, le sérieux et l’exigence de cette chercheuse philologue hors-pair…
Souhaitez-vous découvrir quelques-uns de ces parchemins et objets, supposés pouvoir « convoquer les démons », « apporter la santé » ou « réaliser un souhait » ?


Bizarrement, en tapant l’occurrence « Genizah du Caire » sur Google, ou Wikipédia, nous ne tombons sur aucune référence à ces tablettes magiques, qui s’y trouvaient pourtant en grand nombre…
Est-ce là une des signatures supplémentaires du cacodaemon - lui qui cultive le vacarme et nourrit la cacophonie actuelle - et qui détourne notre regard ?
Bizarre ? Pas vraiment, en fait, puisque derrière cette dictature du mainstream et de la bien-pensance se cache, selon nous, son grand patron, donneur d’ordre et maitre absolu de la division, et la dissimulation : Satan.
Extrait de la vidéo
Bonjour à tous et merci de nous retrouver pour cette nouvelle émission. Aujourd'hui on va parler d'un sujet relativement méconnu, je pense, puisqu'il s'agit de la magie juive et pour ça on a une experte du domaine, une chercheuse qui est italienne qui s'appelle Emma Abbatey. Bonjour Emma. Bonjour.
Alors Emma, vous êtes chercheuse donc associée notamment à l'école pratique des hautes études, c'est bien ça, vous êtes une spécialiste des manuscrits juifs du Moyen-Âge, ce qui recouvre en fait plusieurs disciplines, c'est aux confins de l'anthropologie et d'autres, la paléo-anthropologie, l'archéologie et différentes disciplines très très pointues et en tout cas votre spécialité c'est ce travail sur ces manuscrits dont vous allez nous dire d'où viennent ces manuscrits et vous avez travaillé là-dessus depuis plusieurs années et notamment vous avez réalisé une thèse de doctorat.
Alors qu'est-ce qu'on appelle d'abord la magie juive, en quoi est-ce que ça consiste et quel type de pratiques finalement est-ce que ça recouvre ? Donc en effet en hébreu il n'y a pas un mot spécifique pour définir la magie tout court. Il y a notamment des pratiques différentes, les plus répandues sont la fabrication d'amulettes et les textes des égulotes. Les égulotes sont des textes d'instructions, donc côté il y a les amulettes, c'est-à-dire des objets sur lesquels il y a des textes écrits pour la protection personnelle.
Ces objets sont en pierre, en métaux, sur papier. Moi j'ai travaillé notamment sur les manuscrits des amulettes qui proviennent de la Genisa du Caire. Alors je vais dire un mot pour introduire de quoi il s'agit. Qu'est-ce que c'est cette fameuse Genisa du Caire ?
Donc c'est une chambre spécifique d'une synagogue, c'est ça ? C'est une chambre d'une synagogue dans laquelle sont jetés les documents, dans lesquels étaient jetés parce que maintenant la Genisa a été vidée, et qui ne sont plus utilisables. Donc tous les documents, les textes, aussi la Bible, les Talmud, les manuscrits qui sont écrits en caractère hébreu, mais qui ne sont plus utilisables parce qu'ils sont abîmés.
Et alors, selon la loi juive, les manuscrits sont jetés dans une Genisa parce qu'ils sont rédigés dans une langue sacrée et ils pourraient contenir les lettres du nom de Dieu. Et la langue même est censée être une langue sacrée et considérée à la base de la création du monde. Donc tous les fragments, les manuscrits, sont jetés dans la Genisa pour les laisser décomposer de manière, comme s'il s'agissait en fait d'un cimetière des manuscrits.
Les personnes devraient les pouvoir toucher. Ce n'est pas un archive, mais c'est plutôt une poubelle sacrée. C'est comme ça qu'a été appelée la Genisa. On les laisse se décomposer naturellement, mais on ne peut pas intervenir pour les détruire activement, c'est ça ?
Exactement. Et c'est intéressant parce qu'après avoir retrouvé plusieurs documents, ça fait maintenant 100 ans que les chercheurs travaillent sur les textes bibliques, sur les textes talmudiques. On a retrouvé plusieurs variantes du texte de la Bible et du Talmud dans la Genisa. Et après, on a retrouvé des textes aussi d'économie, des lettres personnelles, des textes midrashiques.
Toute la littérature juive est bien représentée dans les manuscrits qui ont été retrouvés dans la Genisa du Caire, à peu près 300 000 à partir de la fin du XIXe siècle. Et la Genisa, progressivement, a été vidée. Les manuscrits, maintenant, se trouvent éparpillés et partagés parmi plusieurs bibliothèques, et notamment en Angleterre se trouve la collection majeure. À Cambridge ?
À Cambridge, la Taylor Schecter Collection. Mais aussi à Oxford, il y a une collection très intéressante. Et aussi à Paris, par exemple, à la Bibliothèque de l'Alliance Israélite Universelle, il y a une collection importante de manuscrits de la Genisa du Caire. En fait, on a retrouvé plusieurs textes que nous appelons des magies.
Donc, on a retrouvé des textes d'amulettes, des textes d'instructions, des textes de livres de magie. On pourrait parler de trois typologies différentes. Donc, les amulettes sont à l'usage personnel des personnes de la communauté qui avaient besoin de protection. Les textes d'instructions, c'est-à-dire les égulotes, sont des textes qui sont plutôt à l'usage des personnes qui rédigeaient, des praticiens, en fait.
Ils ne s'appelaient pas des magiciens, en fait, mais ils étaient des savants, des rabbins, des scribes, des médecins qui utilisaient des moyens surnaturels pour protéger les membres de la communauté. Donc, à la fois pour guérir, à la fois pour chasser les esprits malfaisants, les démons. Parce qu'à la base de l'usage de la magie, il y a une conception de l'univers qui est habitée pas uniquement par les hommes, par les animaux, par les créatures terrestres.
Mais aussi, il y a une conception du monde qui est habitée aussi par les esprits et par les démons et par les anges. Il s'agit des créatures qui ont été créées par Dieu et qui font partie de la création. Donc, la magie, elle est moyenne avec laquelle on peut entrer en contact avec les créatures surnaturelles pour les mettre à leur place. Et c'est pour cela que les praticiens de la magie juive doivent être des rabbins, des personnes qui connaissent la loi, des scribes, des personnes qui sont expertes dans la case.
Toutes les autres personnes n'ont pas le droit de faire ces pratiques. Alors Emma, ces pratiques de magie, en fait, elles étaient conduites, et notamment la réalisation de ces objets, ces fameuses amulettes, c'était réalisé sous l'autorité en fait de rabbins ou de scribes ou de savants. En tout cas, c'était réservé à une certaine catégorie de la communauté, c'est bien ça ? Oui, exactement.
Tandis que la magie était interdite aux membres de la communauté qui n'avaient pas des compétences spécifiques. Donc, il y avait aussi des pratiques préliminaires pour la rédaction des objets, des amulettes. Par exemple, pour la rédaction des amulettes sur le parchemin, les scribes devaient se procurer du parchemin vierge. Par exemple, il y a des textes d'instructions des égoulottes dans lesquels il y a des instructions spécifiques pour la rédaction des amulettes sur la peau des gazelles.
La peau des gazelles, d'accord. La peau des gazelles parce que c'est un animal considéré pur pour des raisons symboliques de la virginité, la gazelle, la pureté. Et donc, et après, il y a aussi des encres spécifiques qui étaient utilisées pour la rédaction des amulettes. Et finalement, il y a un bagage préalable des magiciens qui devaient connaître des normes spécifiques de la divinité des anges.
Oui, parce qu'en fait, les amulettes sont décomposées, sont presque des prières dans