Eliphas Lévi
Dans cette vidéo conférence de 43 minutes, Arnaud de l'Estoile nous invite à découvrir la vie et l'oeuvre d'Eliphas Lévi. Né à Paris, Alphonse Louis Constand (1810-1875), dit Eliphas Lévi, est une figure de proue de l'occultisme, courant spirituel et mystique préoccupé par les forces mystérieuses du cosmos et de l'homme.
Fort d'une jeunesse tourmentée, d'un passé révolutionnaire, il étudie la théologie et devient diacre. Enseignant le cathéchisme, il tombe amoureux et quitte le séminaire. Il se consacre alors à la philosophie occultiste qu'il rénove dans "Dogmes et rituels de Haute Magie", dans lequel il fait l'apologie de l'inconnu, du surnaturel, de l'astrologie, de la Kabbale, etc. - philosophie qui s'oppose à la société matérialiste et rationnelle qui voit le jour au XIXe siècle.
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Extrait de la vidéo
Cet exposé a pour but de vous présenter la vie d'Eliphas Lévy, né en 1810 et mort en 1875.
C'est à cet homme, de son vrai nom Alphonse Louis Constant, à la vie pour le moins mouvementée que revient la lourde charge et l'insigne honneur d'être le rénovateur de la philosophie occulte.
Nous reviendrons donc sur sa jeunesse tourmentée et évoquerons son passé révolutionnaire avant qu'il ne se tourne définitivement vers l'ésotérisme pour devenir le fondateur de l'occultisme dont l'influence perdure jusqu'à nos jours.
Commençons par sa jeunesse, donc Alphonse Louis Constant va au monde le 8 février 1810 à Paris dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.
Nous disposons de très peu d'informations sur ses origines et c'est uniquement grâce à son acte de baptême qui lui rend l'église Saint-Sulpice le 11 février 1810 que nous connaissons sa date de naissance.
Ses assonnants familiales sont modestes, son père, Jean-Joseph Constant, était cordonnier et disposait de très maigres ressources.
Sa mère s'appelait Jeanne-Agnès Beaucourt et il avait également une sœur, Pauline-Louise, née en 1806.
Il vécut ses premières années dans le quartier de Saint-Niçon, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, célèbre pour la vivacité de sa vie intellectuelle, littéraire et artistique.
Cette atmosphère si particulière imprenait probablement l'esprit du jeune garçon qui en véritable Parisien de Paris garda toute sa vie et malgré ses vivacitudes un esprit grueilleur, ironique, effrondeur.
Cependant, cet enfant du peuple ne garda pas un grand souvenir de sa jeunesse plutôt malheureuse et solitaire.
Remarqué par l'abbé Hugo Malmaison, le jeune Alphonsus entre au séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnay en octobre 1825 à l'âge de 15 ans.
Il intégrera celui d'ici en 1830, année où son père mourut et où sa mère devint infirme.
Il intégrera le grand séminaire de Saint-Sulpice en 1832, donc pour étudier la théologie.
Et là, le choc furude ! L'atmosphère était très différente de ses précédents séminaires.
Le mode de vie des Sulpiciens, très stricte et la morale considérée comme hypocrite, heurtèrent le jeune homme et le poussèrent à la révolte.
Continuant malgré tous ses études de théologie, il fut ordonné sudiacre, tombé sur un en et ordonné diacre le 19 décembre 1835.
C'est à ce moment que sa rencontre avec une jeune fille, Adèle Allenbar, va totalement bouleverser sa vie.
En effet, à nouveau remarqué pour ses capacités, il avait été chargé dès 1834 de d'ensigner le catéchisme aux jeunes filles de Saint-Sulpice, paroche du quartier.
Et là, il tomba affolément amoureux d'une de ses élèves, Adèle Allenbar.
Et la jeune fille éblouit, celui qui supportait mal la mûreté de la règle Saint-Sulpicienne.
Leur chaste amour, selon ses propres termes, lui rendit bientôt insupportable la solitude de sa cellule et le poids de ses veux.
Alors, insidieusement, et phénomène fatal à sa foi, déjà bien fragile, il douta.
Complètement perturbé par cet amour, il prit alors la folle décision, quelques jours avant d'être ordonné prêtre, de fuir le séminaire.
Il devait donc être ordonné en mai 1836, ne sera donc jamais.
Mais incroyable coup du sort, la jeune Adèle le délaissa et le quitta alors qu'il avait tout bouleversé pour elle.
En plus, le choc fut fatal à sa mère.
Celle-ci, donc âgée et infirme, ne supporta pas de voir son fils tout abandonné au dernier moment et elle se suicida de désespoir.
Terriblement choqué par cette mort volontaire, le jeune Infonzoit songeait lui-même à mettre fin à ses jours.
Heureusement, ses amis lui ont dissuadé.
Ainsi, à 26 ans, désormais sans parents, abandonné par Adèle, il entama la vie erratique et douloureuse d'un théologien dissident et connut ses premiers démunis judiciaires.
Revenu à la vie civile, il passa tout d'abord l'année dans un pensionnat de Paris en tant que répétiteur.
Il le quitta au bout d'un an et se retrouva vraiment démuni de tout.
Deux personnes alors lui remurent le pied à l'étrier, donc la première personne, Flora Tristan, la grand-mère de Paul Logan, devenu ses grandes amies, dont Flora Tristan donc ardente féministe et militante socialiste, née en 1803 et morte en 1844.
L'autre personne s'appelle Alphonse Esquiros, un de ses amis d'enfance.
En 1839, Esquiros fonda une revue mensuelle, Les Belles Femmes de Paris, et il connaissait le joli coup de crayon de son amie et le chargea donc d'esquisser les traits des femmes dont il voyait la beauté, le charme et la délicatesse.
Son joli coup de crayon le fit connaître au public et donc il fréquenta moult salons afin de dresser le portrait des mondaines, des actrices et des danseuses les plus envues, dont nous sommes très très loin de la rigueur insupplicielle.
Du coup, peut-être qu'il y fasse qu'il y regrettât-il moins d'avoir quitté le séminaire.
Ajoutons que s'en fréquentant ces salons, dont il fit la connaissance d'Honoré de Balzac, alors qu'il dressait le portrait de Mme de Gérardin.
Mais l'ancien séminariste, tiré entre sa foi toujours existante et la vie dissolue des gens qu'il côtoyait, peu compatible avec son culte quasi mystique de la femme, traverse à nouveau une grasse crise morale.
Terrassé par le remords, il décide d'adapter d'un nouveau à la prêtrise en se rendant chez les bénédictins, à l'Abbaye de Sollem en juillet 1839.
Mais il se trouve une rue d'exception, comme pour le séminaire de Saint-Sulpice, il s'insurgea contre la règle ambiante et se brouillait avec ses supérieurs.
La digresse fut immédiate, il fut obligé de partir au bout d'un an alors qu'il pensait y rester toute sa vie.
Donc il y a par exemple que sa vision du catholicisme ne correspondait vraiment pas à la vie des ordres.
Il avait très certainement la foi, mais elle n'était pas orthodoxe.
Il trouve malgré tout le temps, en cette année 1839, de publier son premier livre, le Roger de Mais ou la Guerlande de Marie, donc un recueil de cantiques.
Alphonse Louis est donc quitté la vie totalement démunie, sans argent ni habit, il se retrouve à Paris tonalier par la faim et la misère.
Il se présente alors à Mgr Haff, de l'Archevêque de Paris, qui le trouve à un modeste poste de surveillant, donc au collège de Juilly en Seine-et-Marne.
Logé dans un grenier dans des conditions épouvantables, le futur église fasse les vies connues de la période la plus noire de sa vie.
Il écrivait donc à cette époque, peut-être par ressentiment, un ouvrage qui fit faire lire le clergé et les bien-pensants de l'époque, la Bible de la liberté.
Effectivement, c'est alors bien que ce réclament du christianisme est un véritable brûlot dont la mystique éluministe était une hétédoroxie qui fait sursauter l'église.
En effet, poussant dans les années 1840, cet écrit annonce l'avènement prochain d'un christ libérateur qui s'incarnera dans le peuple opprimé.
Paru le 13 février 1841, le livre fut saisi à Versailles une heure seulement après ses mises en vente.
Donc l'auteur du livre, la fonce du Constant, fut jeté en prison le mois d'avril suivant.
Ensuite, on le renvoyait dans la cour d'assises, tout comme son éditeur, pour attaquer la propriété à la morale publique et religieuse.
Le procès s'ouvrit le 11 mai 1841 devant une foule considérable.
Le fulgique ordonné fut condamné à 8 mois de prison et une fourte amende de 300 francs.
La cour ordonna également la destruction du livre qui avait été mis en index dès le 30 mars 1841.
Lorsque le fulgique ordonné fût sorti de sa cellule, il se retrouva de nouveau démuni de tout et tenta en vain de vivre de l'écriture.
En effet, toutes les portes se fermèrent, aucun journal l'accepta.
Il se tourna alors vers la peinture et heureusement, il obtint une commande du curé de choisir le roi pour peindre les tableaux de son église.
Le temps passant, l'église le réhabilita et après le procès de la Bible de la liberté, il se renvoyait à Évreux en Normandie, en lui demandant de changer de nom car le scandale était un peu trop récent.
Il arriva en Normandie en portant le nom de l'abbé Beaucoup, le nom de jeune fille de sa mère.
Il y arriva en février 1843 et ses prédications souvirent tellement d'enthousiasme que la presse en parla.
Du coup, le clergé local fut très jaloux de sa réussite et tenta de se débarrasser au plus vite de cet encombrant diacre.