Autour de Papus
Papus, Gérard Encausse (1865-1916), est une figure incontournable de l' occultisme français. Docteur en médecine, il se donna pour tâche de lutter contre le scientisme de l'époque en répandant une doctrine nourrie aux sources de l'ésotérisme occidental. Chef de file incontestable, il se défendait d'être un thaumaturge ou un inspiré, se présentant plutôt comme un savant et un expérimentateur.
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Affilié à de nombreuses organisations intiatiques, il fonda l'Ordre Martiniste avec Augustin Chaboseau en 1891, sous l'influence de la pensée de Louis-Claude de Saint-Martin.A la tête d'une production littéraire impressionnante, qui lui valut le surnom de "Balzac" de l'occultisme, il laisse derrière lui 160 ouvrages, almanachs, articles et revues.
Il est évoqué ici par Yves-Fred Boisset, directeur de la revue "L'initiation", fondée par Papus en 1888.
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Et bien ce soir, je vais vous parler d'un personnage extraordinaire, tout à fait hors du commun, un trombonome. Il s'appelait Papus, de son vrai nom d'état civil, Gérard Ancos, et plus précisément encore Gérard Anacle Vincent Ancos. Il était né le 13 juillet 65 à la Courogne, en Galice, donc au nord-ouest de l'Espagne. Mais son père était français, chimiste de son état, sa mère espagnole, et très tôt, à l'âge de 4 ans, il vient en France avec ses parents, et il s'installe à Montmartre. Et pour lui, Montmartre sera toujours important, car il rencontrera à cette époque-là, c'est dans les années 1870-1875, des gens très intéressants, des artistes, des chansonniers, des chanteurs, et fréquentera assidûment, toute sa vie d'ailleurs, le cabaret du Chat Noir, qui était célèbre à l'époque, où plus tard, bien plus tard, il rencontrera Picasso. Ça, c'est dans les années 1906-1907. Picasso est arrivé en France, je crois, en 1902, si j'ai bonne mémoire, ou en 1903, et ils s'étaient rencontrés. Alors, que fait-il ? Il fait ses études de médecine, il réussit ses examens, encore que c'est très long, puisqu'il n'est aisé que dans les années... Il a quand même une trentaine d'années quand il est aisé, et toute sa vie, il exercera son métier de médecin. Ce n'est pas un médecin, simplement, avec un diplôme dans la poche, une carte de visite, et puis c'est terminé, on fait autre chose. Non. Toute sa vie, il sera médecin, puisqu'il aura même trois cabinets. Dans le livre de Philippe Anclos, que Philippe Anclos a transcrit à son père, il donne une carte de visite, où l'on voit que le docteur Gérard Anclos, chef de laboratoire de l'hôpital de la Charité, lauréat des hôpitaux de Paris, exerce le mardi, vendredi, de 2h à 4h, on dirait maintenant de 14h à 16h, dans une clinique de la rue Rodier, à Paris, dans le 9e, que le jeudi, de 2h à 4h, il est rue de Savoie, dans une abilité médicale, et que le vendredi, le samedi, de 8h à 5h, c'est-à-dire de 8h du matin à 5h d'après-midi, il est à Tours, 14 rue Balzac, c'est-à-dire dans le centre de Tours, et que savoir qu'il allait toutes les semaines, à cette époque, à Tours, pour exercer un métier de médecin, ce n'était pas rien. Un homme actif peut avoir beaucoup d'activités, si l'on sait quand même qu'il s'occupait d'une revue qu'il avait fondée, de plusieurs revues auxquelles il collaborait, il en est tous les soirs où prêche des conférences publiques sur des sujets, comme on va le voir, ésotériques et historiques, et en plus, il avait, disons, des plaisirs, c'est-à-dire que chaque soir, ou à peu près chaque soir, on le retrouvait au tabaret du Chat Noir.
Il faudrait bien séparer, je crois, deux activités importantes de Papus, c'est l'activité initiatique et l'activité littéraire.
Nous vivions à l'époque dans une mouvance matérialiste, positiviste. C'était l'époque d'Auguste Comte, c'était l'époque, n'oublions pas, de tous ceux qui ont fait la gloire du XIXe siècle, avec des idées rationalistes et matérialistes lancées.
Et il y avait une réaction contre ces idées matérialistes, très forte, très forte, où on trouve des noms importants, pour nous, pour les gens qui s'intéressent à l'ésotérisme, on trouve par exemple le nom d'Eliphas Lévy, qui a créé le mot d'occultisme, et je reviendrai là-dessus. On trouve également Fabre d'Olivet, et puis, bien sûr, l'incontournable Joséphin Péladin.
Il se passe qu'en 1882, donc il avait 17 ans, il rencontre un nommé Henri Delage, qui était très âgé, prétendait avoir une filiation, donc de Saint-Martin, et il l'a transmis à Papus, et il meurt quelques jours après.
Il était vraiment temps, hein, il était temps. C'est comme s'il savait qu'il allait mourir, qu'il fallait absolument qu'il y ait quelqu'un derrière lui.
Alors en 87, il a 22 ans, toujours étudiant en médecine, il entre à la célèbre, ultra célèbre, combien célèbre, société théosophique du choix arabe, à Paris.
C'était en fait le passage obligé dans un cursus de nature initiatique et ésotérique. Il n'y reste pas longtemps, parce qu'il n'est pas d'accord avec les tendances trop orientalistes de la société théosophique.
Il pensait qu'en fait, il y avait une tradition occidentale importante, qui n'était pas utile, disons, d'aller chercher en Inde ou ailleurs une tradition.
Il la respectait infiniment, mais il pensait que ce n'était pas nécessaire pour nous.
En 88, une année plus tard, scandale, scandale aux yeux des théosophes, entre guillemets, ils font une revue, la revue de l'initiation, qui existe toujours.
Ils font cette revue parce qu'il a des idées à exprimer, parce qu'il y a des gens qui veulent dire des choses, il y en a qui veut donner de la parole, du tout moins, il veut ouvrir des colonnes.
Et c'est un peu quand même par réaction contre la société théosophique, parce qu'il voulait justement faire autre chose.
Et la même année, il rencontre un autre grand de l'ésotérisme de cette époque, c'est-à-dire de l'État.
C'est-à-dire que de l'État avait fondé l'ordre kabbalistique de la Rose-Croix.
Papus en devint immédiatement, dès qu'il le rencontre, il en devint membre, et un membre influent, bien sûr.
Car partout au papier papus, il était forcément toujours devant, peut-être une forme de personnalité, c'est comme ça.
Et en 1989, ils fondent le groupe indépendant d'études ésotériques.
Alors c'est quoi, ça ? Ça, c'est une association informelle qui a pour but de faire connaître au plus grand nombre les travaux de nature initiatique.