Elixir et Pierre Végétale, les bases théoriques de la spagyrie
Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement… . « Or, force est de constater que, depuis bien longtemps, l’alchimie attire vers elle un grand nombre de bonimenteurs ou de fanfarons qui prennent un malin plaisir à tout compliquer » nous-prévient ici Matthieu Frécon. Vous l’aurez compris, dans un langage direct et pédagogique, Matthieu nous invite ici à nous réapproprier cette médecine universelle qui, comme l’écrivait Paracelse, cherche avant tout « à entretenir la bonne santé ». Une bonne santé qui ne se limite pas qu’au seul corps physique mais qui englobe l’intégralité de la personne : son âme, ses émotions, et son esprit. Une dimension spirituelle que la médecine moderne a évacuée depuis deux siècles...
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Après avoir étudié l’histoire des alambics (AA01), ce second volet de notre collection « Alcool et Alchimie » (AA02) expose les grands principes constitutifs de toute chose : la « Vie » (l’alcoolat), le « Caractère » (l’extrait sec) et le « Corps » (les sels minéraux). Rappelons que cette terminologie relève d’un choix personnel de Matthieu et que ces principes théoriques seront mis en pratique dans les volets suivants : réaliser une pierre végétale et stopper la roue du temps par l’Alcool - fixateur. Précisons, aussi, que le terme « spagyrie » renvoie à l’alchimie pratiquée sur le règne végétal.
Un « Elixir » est un liquide, or il signifie « pierre » (philosophale) en arabe !


L’Alchimie est une philosophie, un rapport au monde qui est dynamique, en perpétuelle transformation. Une ébullition à feu doux, en quelque sorte. Et pour pénétrer ce monde, particulier, il est important d’entretenir ce regard vivifiant, tonique et circulaire sur toutes choses (vision contraire à la mort et à toute forme de rigidité).
Partant de ce grand principe, le choix d’une plante ne se fait donc pas selon ses seules vertus (domaine statique et réducteur) mais bien de la relation qu’on entretient avec elle (vision dynamique, au risque de paraitre subjective).


Souhaitez-vous entrer dans cette danse des éléments, où Matthieu, tel un jongleur nous propose de passer du minéral au végétal, et inversement ?
«Tout cela pour quoi ? » vous demanderez-vous ? Accomplir le miracle d’une seule chose : trouver le remède universel.
Extrait de la vidéo
On va se poser quelques questions essentielles. Pourquoi donc on va faire de l'alchimie ? On s'intéresse à l'alchimie, alchimie spagyrique, soit on va voir que c'est plus ou moins la même chose. On va faire de la spagyrie, un élixir spagyrique, donc c'est un procédé qui est très pédagogique pour comprendre l'alchimie dans son ensemble, et qui est très pratique aussi, et utile, et simple, et qui concerne surtout les végétaux.
La spagyrie c'est une branche de l'alchimie développée spécialement par Paracels et ce n'est pas lui qui a inventé le terme parce qu'il existait déjà avant, et qui est surtout appliqué à la médecine. Donc c'est plutôt de l'alchimie, plutôt végétale, et appliquée à la santé. Donc on va travailler avec un végétal, alors quel végétal, ça c'est la question que je vous pose, comment on va choisir le végétal qui va faire avec nous ce premier élixir.
Je vous ai dit tout à l'heure que cet ami qui était venu me voir à l'atelier m'avait fait comprendre qu'en cherchant rien, on trouvait rien, on trouvait très facilement le rien qu'on cherchait, et donc on pouvait passer sa vie comme ça, dans une espèce de béatitude idiote, et qu'il fallait avoir un but, parce que si on a un but, on peut l'atteindre ou pas, et dans les deux cas, on a la satisfaction d'avoir été jusqu'au bout de notre travail, et puis simplement d'avoir réussi ou d'avoir échoué, on sait qu'on a passé un stade, et ça nous donne une satisfaction, et ça c'est très important.
Si on cherche un truc abstrait, on n'a jamais cette satisfaction, et bon, ça dégénère. On se retrouve avec notre pote à parler de trucs que tout le monde parle sans écouter personne, et puis voilà, vous êtes chimiste d'aujourd'hui, c'est souvent ça malheureusement. Mais dans un premier temps, quand même, là c'est une sorte d'initiation, de découverte, on va découvrir l'aspagérie, et donc je vous propose au contraire d'être totalement ouvert et de ne pas avoir de but du tout, au moins pour savoir un peu ce que l'aspagérie va pouvoir vous apporter.
Une fois que vous aurez vu un petit peu, vous allez dire, bon je sais maintenant, je ne connais pas bien l'aspagérie, mais je vois un petit peu, et je comprends que ça peut m'apporter. Pour moi c'est intéressant pour ça ou pour ça, donc je vais développer dans ce sens-là ou dans ce sens-là. Mais pour l'instant on en est au stade d'ouverture totale, donc je vous propose de ne pas choisir une plante pour ses vertus, parce qu'on n'a pas vu non plus, on n'a pas discuté encore vraiment de cette question de vertu, parce que réduire une plante à une vertu, c'est un peu réducteur, parce que je pense qu'on ferait mieux de découvrir la relation qu'on peut avoir, puis voir ce qu'elle peut nous apporter dans un contexte particulier.
C'est comme si moi j'étais juste alchimiste, alors que je suis aussi musicien, je suis aussi papa, je suis aussi un copain pour certains, etc. On a plein de choses, et les plantes aussi ont plein de choses. Et donc on va d'abord entrer en contact, et puis l'idée d'une plante qui nous attire par exemple, c'est peut-être une bonne idée, parce que ça veut dire qu'il y a un contact qui s'établit, et puis à partir de là on pourra avoir un projet avec.
Parce que sinon on se rapproche, on est un peu trop pragmatique dès le début, on passe à côté de quelque chose, et puis on va essayer de faire des rapprochements avec d'autres systèmes thérapeutiques, et on va très probablement tout de suite rapprocher la spagérie de la phytothérapie, ce qui est commun, et qui marche, et qui est utile et pratique et tout, mais c'est peut-être qu'on va passer à côté d'autres choses.
Quand Hahnemann a inventé l'homéopathie, par exemple il l'a fait sur ces mêmes bases-là, mais il a inventé un système thérapeutique complètement original parce qu'il avait une vision de la santé, de la vie, et des matières et des procédés absolument originales. Et du coup il a pensé que telle matière première qui amphyto, telle plante qui amphyto a tel résultat, pour lui ça avait un tout autre sens, parce qu'il a une vision de la santé différente.
Et après Hahnemann, aussi cultivé en alchimie en spagérie, et un homéopathe aussi, Bach va aussi développer une vision de la santé, de la vie, etc., et de la maladie, comprendre ça d'une autre façon, très originale, sur les mêmes bases. Et il va avoir un système thérapeutique différent, avec une matière médicale différente. Et la même plante, en homéopathie, va permettre d'avancer sur tel problème, et dans le système de Bach, les élixirs floraux, ça va agir dans un autre domaine.
Et ça c'est intéressant. Alors, dans un premier temps, nous on va essayer d'avancer un petit peu dans cette culture de la spagérie et de l'alchimie, et puis essayer de développer une compréhension de la vie, de la santé, et de la maladie, qui nous est propre, et qui va peut-être nous inspirer pour devenir, à notre niveau, un Hahnemann, Bach, Steiner, ou autre, pas question d'être un super craque, mais juste d'avoir compris un peu des choses, et puis d'avoir une façon de les appliquer.
Après, si votre truc, c'est d'utiliser la spagérie à la place de la phytothérapie, de la même façon, avec le même système thérapeutique, pas de problème, mais c'est pas forcément le cas, c'est pas automatique. C'est bien de se poser des questions sur l'existence, la vie, et pourquoi la santé, pourquoi la maladie, et d'y répondre à sa manière. Voilà. Puis après, vous avez des gens qui vont développer des systèmes thérapeutiques en spagérie comme Tony, et qui a, je sais pas, deux ou trois cents remèdes, puis d'autres qui vont traiter tout avec un ou deux, trois remèdes, par exemple.
C'est des façons différentes de voir les choses, et qui marchent les deux, et qui s'adressent à des gens différents, et voilà, il n'y a pas un système thérapeutique qui soigne tout le monde, il y en a qui sont sensibles à ceci, d'autres à cela. Mais c'est bien d'avoir une certaine compréhension de la vie, de la santé et de la maladie pour développer ensuite dans son sens. Moi je suis pas très... Je...
J'essaye de faire des choses simples, simplement, donc j'essaye d'avoir... Alors, il y a un truc important, dans les principes en alchimie, on considère que tout a une origine unique, c'est une mystique religieuse, tout est monothéiste. Tout a une origine unique, et donc, on est tous fait de la même chose, tous les éléments matériels ou des éléments de conscience, le temps, l'espace, tout ça, c'est à la même origine.
C'est le premier grand principe de l'alchimie, donc on va tendre de plus en plus vers une sorte de médecine universelle, c'est ce qu'on appelle la médecine universelle, qui soigne tout. Evidemment, c'est pas forcément réaliste, donc on va graduer comme ça, mais disons que c'est un petit peu l'idéal quand même, c'est un peu le but, d'avoir une médecine universelle qui va tout soigner. Voilà. Après on va voir le dosage, vous savez qu'un remède peut être un poison, un poison, un remède, selon le dosage, donc c'est Paracels, donc on va voir qu'il faut un remède qui