Nombres et harmoniques dans l'art chrétien au Moyen Âge et à la Renaissance

Certaines oeuvres d'art d'inspiration chrétienne du Moyen Âge ou de la Renaissance sont-elles porteuses de messages codés ?

Dans cette conférence vidéo de 46 min, André Deghaye nous fait entrer dans le secret des nombres et des harmoniques de l'art à travers la "Vierge en Gloire" (appelée "Vierge alchimique" ou "Vierge ésotérique") du musée Saint-Rémi de Reims, une peinture ayant appartenu à des Jésuites et datant de 1630.

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S'appuyant sur la gamme harmonique pythagoricienne et le concept de médiété harmonique, l'alphabet hébreu et l'arithmosophie, il tente de mettre au jour les mystères symboliques de l'art pictural, révélateurs d'une vérité sacrée plus élevée.

Il s'évertue à retrouver la clé, aujourd'hui perdue, d'un accès profond aux écritures hébraïques de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Extrait de la vidéo

L'art chrétien au Moyen-Âge et à la renaissance Bonjour.

Nous entrons aujourd'hui dans le domaine des nombres et des harmoniques de l'art chrétien au Moyen-Âge et à la Renaissance.

Tout d'abord, je voudrais remercier messieurs et mesdames les conservateurs des musées et de la Bibliothèque nationale de France Sans leur autorisation de montrer certains documents, certaines gravures et images, cette conférence n'aurait pu avoir lieu.

Ce tableau énigmatique d'une Vierge en gloire est généralement appelé Vierge ésotérique par certains chercheurs ou Vierge alchimique par d'autres.

On y décèle un rapport de médiété des harmoniques pythagoriciennes.

Peinte aux environs de 1630 par un anonyme, cette Vierge ésotérique a longtemps appartenu aux Jésuites de Reims.

Aujourd'hui, elle est exposée au musée Saint-Rémy à Reims.

Il sera aussi question d'un psautier bénédictin du XIe siècle, de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris et dans les enluminures duquel nous retrouverons ce rapport des médiétés harmoniques.

Il est conservé à la réserve des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France à Paris.

Les harmoniques de Pythagore dans le symbolisme d'œuvres chrétiennes anciennes pourquoi et surtout pourquoi faire ?

Nous verrons comment cette médiété peut être employée pour extraire des nombres dans des mots en hébreu biblique et comment ces nombres peuvent être interprétés.

Enfin, nous verrons comment le nombre d'or, encore appelé la divine proportion, peut être rapproché de l'ensemble des 22 lettres de l'alphabet hébreu et de ses symboles.

En l'année universitaire 1993-1994, le professeur Antoine Fèvre, directeur d'études Histoire des courants ésotériques dans l'Europe moderne et contemporaine, département des sciences religieuses à l'EPHE en Sorbonne, consacra plusieurs de ses séminaires au symbolisme de ce tableau, la Vierge alchimique ou Vierge ésotérique.

Réalisée par un anonyme au début du XVIIe, cette toile appartenait aux jésuites de Reims depuis cette époque.

Aujourd'hui, parmi d'autres œuvres, elle est exposée au musée Saint-Rémy à Reims, dans l'ancienne abbaye royale classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO depuis 1991.

Nous invitons toute personne de passage à Reims ou dans la région à visiter ce magnifique édifice, son cloître et son musée.

Nous ne pourrons commenter tous les symboles de ce tableau.

Ils sont trop nombreux.

On en trouve une présentation détaillée et commentée par Antoine Fèvre dans un ouvrage collectif réalisé sous sa direction, « La Bible, images, mythes et traditions » dans la collection « Cahiers de l'hermétisme » publiée par Dervis à Paris.

D'autres ouvrages, intitulés « La Vierge alchimique » ou « La Vierge ésotérique » en commentent largement le symbolisme.

Ainsi la corne d'abondance, les personnages de l'Anef, le sujet en chute qui est un cyclope, la sphère armilaire dans la main droite de la Vierge, le temple dans sa main gauche, le croissant qui semble la porter, le mont d'Elys sous ses pieds, le temple à droite surmonté de deux tritons, la cibille qui en sort, etc.

Première indication conduisant vers la voie d'une symbolique des nombres, nous verrons que la cibille sortant du temple à droite porte un livre ouvert sur lequel est inscrit un chiffre, un œuf, et enfin les chiffres peints sous la forme de deux dates superposées en bas, au centre du tableau, juste au-dessus de la phrase en grecque, 1266-1137.

Des diapositives de « La Vierge ésotérique » de Reims ont été projetées en salle d'études à l'EPHE en 94.

Quatre intervenants, dont certaines de leurs interventions seront reprises ici, furent désignées par Antoine Fèvre pour commenter ce tableau.

Hervé Lénine pour la phrase en grec, Emmanuel-Yves Monin pour « La Vierge alchimique et l'état d'être face aux deux voies », Michel Vital Le Bossé pour la nef selon le mythe des argonautes, et moi-même pour les nombres.

Outre ces nombreux et divers symboles, revenons sur les chiffres au bas de la toile, 1266-1137.

S'agit-il de deux dates ?

Si oui, pourquoi sont-elles ainsi inégalement superposées ?

En fait, il semble qu'il s'agirait plutôt d'une suite de chiffres, 1266-1137, conduisent-ils à un symbolisme lequel, si l'on additionne ces chiffres, on obtient 27.

Rien d'évident, si ce n'est le 9, 2 plus 7.

Si on les multiplie, on obtient 1512.

Rien d'évident non plus, à première vue.

Cependant, il paraît probable qu'il y ait là quelques symbolismes à rechercher dans ces nombres.

Celui-ci pourrait-il encore être rapproché des hébraïsmes, se rapportant, selon moi, à quelques symboles de ce tableau.

Exemple.

En l'angle supérieur gauche, la corne d'abondance semble naître d'un triangle enfermant un cercle.

Or, le triangle et le cercle sont des symboles géométriques d'Aleph, la première lettre de l'alphabet hébreu, qui est aussi l'un des noms de Dieu.

Et nous verrons bientôt que la corne, Keren, en hébreu, symbolise bien la lettre Aleph sur ce tableau.

C'est là peut-être une première invitation à la recherche d'hébraïsme qui, selon mon interprétation, serait désignée par certains symboles de cette toile, l'hypothèse que nous développerons un peu plus loin.

En ce début d'année universitaire 1993-1994, venaient de commencer les séminaires de Jean-Pierre Braque, directeur d'études Histoire des courants ésotériques, Kabbale chrétienne et symbolique des nombres, à l'EPHE en Sorbonne.

Notons en passant son Que sais-je, la symbolique des nombres, aux presses universitaires de France 1994, ouvrage aussi indispensable que l'est le Que sais-je, l'ésotérisme, d'Antoine Fevre, dernière édition, 2007.

Il y a quelques années, Jean-Pierre Braque consacra plusieurs de ses séminaires à un manuscrit alchimique anonyme, également du XVIIe.

Il y est question d'une médiété harmonique, mise en relation avec l'harmonie du monde.

Et une approche de cette médiété, avec quelques lettres de l'hébreu, y est donnée.

Dans le Que sais-je de Jean-François Matéi, Pythagore et les Pythagoriciens, presse universitaire de France 1996, et dernière édition septembre 2008, page 78-79, il est question d'un rapport de médiété dans les harmoniques selon la gamme descendante grecque, allant de mi-aigu à mi-grave.

Alors que nous privilégions la gamme ascendante, les Grecs définissaient les intervalles entre les notes en fonction d'une gamme descendante allant de la note mi-aigu à la note mi-grave.

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