La symbolique des lettres hébraïques 4: Heth, Teth, Yod, Kaf, Lamedh

"Ce qu’il y a de merveilleux dans l’alphabet hébraïque c’est sa formidable adéquation entre le dessin, la symbolique et le rituel", nous dit Frank Lalou. En poursuivant notre chemin à travers la symbolique des lettres hébraïques, nous abordons dans ce volet la symbolique du Heth-Teth, du Yod, du Kaf, puis du Lamedh. Ces cinq lettres pourraient être résumées dans la phrase suivante : je recule (Heth), je cours vers l’inconnu, je saute (Teth), je me retrouve au fond du trou (Kaf) et la main providentielle (Yod)  vient me secourir. Une fois cette étape franchie, l’aiguillon (Lamedh) me donnera l’intuition, et l’énergie, de toujours aller plus loin… 

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Le tandem Heth-Thet constitue la seconde épreuve de l’alphabet hébreu (la première étant celle du Temps, incarnée par le Dalet) et succède au Zayin (le glaive).
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Heth-Thet constituent, pour Frank Lalou, une épreuve psychologique déterminante, comparable au processus d’individuation. Il nous apprend la séparation avec nos schémas habituels, nos névroses et nous incite à embrasser l’altérité. Il nous donne le désir de sauter la barrière (Heth) : oser le saut vers l’inconnu. Cela nécessite du courage, et la présence du glaive dans la lettre précédente, nous confirme la grande richesse symbolique de l’ordonnancement de cet alphabet, où chaque lettre annonce et prépare la suivante.
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OSER LA VIE (Haïm), fuir l’idolâtrie, se recentrer sur le SOI n’est-ce pas là le message que nous donne ce génial alphabet ?

Explications de Frank Lalou dans cet exposé performance de 35 minutes  au Forum 104 et qui sera bientôt prolongé par les lettres suivantes de l'alphabet (volet cinq et six).

Extrait de la vidéo

Nous avions vu la fois précédente la lettre Zayn, nous comprenons maintenant que l'alphabet est une suite cohérente de lettres et que chacune des lettres annonce la suivante, prépare la suivante et le Zayn nous prépare à l'épreuve qui vient. Le Chet, notre lettre du jour, est la barrière, la cloison. Cette épreuve est la deuxième de l'alphabet, la précédente nous l'avions vu c'est le Dalet qui est l'épreuve du temps. Le Chet, nous dirions plus que c'est une épreuve psychologique, c'est l'épreuve psychologique et ce sont nos névroses. Le Chet, cet enclos et la fermeture, c'est le système dans lequel on est enfermé, on est enfermé dans nos névroses, dans nos systèmes répétitifs. Presque dire que le Chet est en quelque sorte l'expression de notre répétitus, c'est à dire que nous préférons répéter à l'infini des comportements, rester enfermé dans une idée de soi, une idée des autres, plutôt que d'aller voir au delà. Alors pourquoi je dis que le Zayn nous prépare ? Parce que le Zayn c'est l'arme de la séparation, c'est le glaive, l'épée et c'est un thérapeute. C'est à dire que la lettre qui précède une épreuve est souvent ce que je nomme moi un thérapeute. Le thérapeute c'est celui qui nous apprend dans ce cas là à nous séparer.

Comment passer l'épreuve psychologique, l'épreuve de nos névroses qui nous enferme dans la répétituse, c'est en apprenant à nous séparer. Si vous allez chez un psychanalyste qui ne vous apprend pas à bien gérer vos séparations, ce n'est pas la peine de continuer. Nos plus graves névroses sont dues à notre impossibilité de nous séparer de comportement, nous séparer de certaines personnes intoxiquantes, même si on les adore, mais elles ont toujours une dose d'intoxication. Donc le Rhet et cette barrière et le Zayn est l'arme qui nous prépare à bien gérer les séparations qui vont nous permettre d'aller au-delà de ce cercle répétitif.

Sur le modèle on voit bien que c'est une barrière avec une potence bien haute. Alors cette lettre est tout à fait particulière parce qu'elle est fermée à droite. On voit ici avec son dessin que la hampe ferme ce qui précède. Elle est fermée à gauche, c'est-à-dire qu'elle empêche d'avoir un regard sur l'avenir, comme le bête pouvait avoir lui une ouverture, puisqu'il n'y avait pas cette barre au milieu. Elle est fermée vers le haut, c'est-à-dire qu'elle empêche cet accès au monde supérieur, au monde céleste et elle n'est ouverte que sur le monde du bas. Avec l'être bête que nous avions vu la dernière fois, nous avions vu qu'il y avait une base qui fermait sur le monde du bas.

Là cette lettre ne laisse qu'une seule possibilité d'ouverture, c'est vers le monde des morts. Vous savez que cette ligne horizontale des lettres symbolise la limite avec le Shéol. Le Shéol c'est l'Hadès des juifs, c'est-à-dire le lieu mystique, le lieu mythique où vont les morts après leur vie. Et donc le seul accès de cette lettre est sur le monde des morts. Alors le monde des morts c'est le monde certainement de nos ancêtres mais aussi le monde des gens qui sont incapables d'introduire du Khiddush, c'est-à-dire de la nouveauté dans leur vie. Et ceci renforce encore plus cette idée de répétition du même. La lettre Khet et cette lettre terrible qui nous pousse toujours à répéter la même chose. Alors le Khet, qu'est-ce qu'il nous apprend ? C'est une barrière, c'est quelque chose qu'on doit comme ça sauter pour pouvoir aller au-delà. Alors imaginez-vous dans un enclos et vous pensez que vous allez vous sortir d'un système. Alors vous allez vers la gauche et vous avez encore l'enclos, vous avez encore la barrière là, vous allez vers le sud, vous avez le nord, vous êtes pris dans un système complexe et vous ne pouvez pas en sortir.

Qu'est-ce qu'exige cette lettre ? Elle exige de prendre du recul. Pour sauter, je suis obligé de prendre du recul et déjà en prenant du recul, je casse déjà un principe de répétition. C'est-à-dire que je m'éloigne de mes névroses, je m'éloigne de ces systèmes répétitifs, je m'en éloigne.

Ensuite je dois sauter. Alors sauter, qu'est-ce que c'est ? C'est prendre sur un pied d'appui, prendre un élan et s'élever. Alors là on est en dehors du système. C'est-à-dire que le saut nous permet de sortir du système. Vous savez que pour sortir d'un système, il faut être en dehors du système. Sans ça, on ne peut pas le comprendre. Donc je recule, je cours, je saute. Parce que quoi ?

Parce que j'imagine qu'au-delà de cette lettre, il y a un champ, il y a un monde que j'ignore complètement, un monde inconnu. Et j'imagine qu'il est meilleur que le mien, j'imagine qu'il a de couleurs plus vives et des sentiments plus intenses. Mais en réalité, je ne le connais pas, ce monde-là.

Passer le rhaet demande du courage. Parce qu'il faut du courage pour oser affronter l'inconnu.

Il faut du courage pour abandonner son herbe qu'on connaît parfaitement, pour aller sur l'herbe du voisin, si je puis reprendre cette expression. Donc voilà, je recule, je saute et je m'affranchis de cela, le rhaet. Alors une fois qu'on a franchi cette barrière, la force de la lettre est mutée.

Cette barrière, elle passe à l'autre vertu de la lettre, elle devient haïm. Haïm que j'ai écrit ici sous forme de monogramme, rhaet yod yod même final, c'est la vie. C'est-à-dire que lorsqu'on refuse le système de répétition et de se laisser entraîner dans nos propres problèmes sans arrêt, sans en prendre de recul, sans jamais les sauter, on ose affronter, on ose passer la barrière, on ose la vie. Voilà la leçon déjà de cette lettre, c'est qu'elle est une lettre qui peut muter d'un système fermé au système clos de la vie qui, lui, accepte l'inconnu et l'imprévisible.

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