La symbolique des lettres hébraïques 3: le Hé, le Vav et le Zayin
"Le moteur de la pensée hébraïque, et de la symbolique de son alphabet, c’est la dynamique créée par la succession de l’unification et de la séparation" nous répète Frank Lalou. Après Aleph et Beth, Gimel et Dalet, Frank Lalou aborde ici le symbolisme de la cinquième, sixième et septième lettre de l’alphabet hébreu.
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Le Hé (5) émane d’un hiéroglyphe égyptien, et représente le souffle, la prière en mouvement, "chaque fois que je suis dans la vie, dans le mouvement, je suis en prière" nous dit Frank Lalou. Ce mouvement qui succède à la porte (Dalet) est inhérent au mystère de l’incarnation selon la pensée hébraïque: l’homme priant est dans le "faire" (individuation ?) et non dans "l’imitation d’un quelconque modèle".Le Vav (6) et le Zayin(7) représentent là encore l’unification et la séparation, le cosmos et le chaos, la paix et la guerre. Littéralement, en hébreu: "le crochet" et "l’épée".

Le Vav et le Zayin peuvent paraitre opposés dans une lecture littérale, mais ils sont en fait extrêmement proche : en étudiant leur calligraphie, on s’aperçoit qu’un iota les distingue. Est-ce ce même iota qui distingue l’homme sage du fou, d'une guerre et d'une situation de paix ?

A vous de découvrir la richesse de cet alphabet prodigieux dans ce nouveau volet de 24 min en compagnie de notre maitre en calligraphie et kabbale.
Un exposé-performance enregistré au Forum 104 et qui sera bientôt prolongé par les lettres suivantes de l'alphabet.
Extrait de la vidéo
Le dalet est là pour nous rappeler que notre vie est faite d'étapes.
Alors, le guimel nous amène au dalet et le dalet va nous amener à la prochaine lettre qui est le HÉ.
Le HÉ, il est intéressant ce HÉ là parce que la porte, elle nous mène à quoi ? A la prière.
La prière, c'est la lettre HÉ, souvent même pour abréger le nom de Dieu, on prend la lettre HÉ avec un petit signe qu'on rajoute comme ça, le HÉ c'est le souffle, HÉ c'est le souffle et son origine est un idéogramme égyptien comme ça, d'un homme en prière et c'est issu de cet idéogramme, de ce hiéroglyphe égyptien d'un homme en prière en train de marcher.
Voilà, c'est ce qui m'intéresse, c'est la prière certes, mais pas forcément la prière que nous attendons.
La prière, si je vous dis prière, vous allez imaginer, voilà, je suis là, j'ai les yeux comme ça, arrivé au sol, dans une certaine contrition, j'attends tout d'en haut, ou alors la prière, les yeux au ciel, où j'attends quelque part une sorte d'éclair qui va m'illuminer.
Non, la prière, quand on reprend ce hiéroglyphe égyptien, c'est quoi ? C'est cet homme qui est comme ça et qui marche, c'est une prière en marchant, c'est une prière en mouvement, alors là on retrouve vraiment la pensée brahique du mouvement, du passage, c'est un homme de profil qui regarde droit devant, qui ne lève pas les yeux au ciel, qui ne baisse pas la tête vers le sol, qui regarde droit devant et qui a les bras levés comme ça, c'est-à-dire qu'il marche sur le sol, il a conscience d'être un être ktonien, un être de la terre, mais aussi il prend conscience avec ses bras levés qu'il est un être qui a rapport avec le ciel, mais son regard ne se détourne pas, il voit droit devant, c'est-à-dire qu'il évolue dans ce que j'appelle l'anthroposphère, c'est-à-dire le domaine des hommes, le domaine de la verticalité où il a son travail à faire, d'humain pour les humains, par les humains, et cette prière-là nous émerveille parce qu'on ne peut pas ne pas prier, puisque la prière est liée à la respiration, c'est-à-dire que chaque fois que je respire, je prie, chaque fois que je suis dans la vie, je prie, on n'est plus dans les prières prechi-precha, ni dans les prières qu'on nous oblige à faire, il ne faut pas oublier un mot, ça on va en en faire, non, on est dans cette prière du mouvement, donc la rassaute, dans celle du faire, et qu'est-ce que c'est que faire, c'est faire notre devoir d'humain, et qu'est-ce que c'est que faire, c'est d'être nous-mêmes, de ne pas être quelqu'un d'autre, de ne pas être la substitution de quelqu'un d'autre, à l'imitation de quelqu'un d'autre, notre travail sur terre, c'est d'aller jusqu'au bout des dons qui nous ont fait, et d'aller jusqu'au bout de ces possibilités, dans un perpétuel dépassement des lieux communs. Voilà donc le chemin initiatique de la première peintade, de la première série de cinq lettres, est vraiment fabuleux. Je suis le 1, ce 1 s'éclate, une sorte de méiose, vous voyez comme ces cellules qui se divisent en deux, pour faire du 2, après le beit, c'est la maison qui accueille, ce message, comme on dit, l'ARN messager, ce message de l'ALEF, le mature, et ensuite l'expulse vers le guimeule, qui est l'instrument de la libération de l'individuation. Ce guimeule me sépare de mes parents et de mes géniteurs, de cette unité, pour m'amener devant la porte d'ALET, la porte initiatique, c'est-à-dire le seuil des dimensions altérées, même de mon vivant et même en gardant mon niveau de conscience, et je débouche sur quoi ?
Je débouche sur ce HE, qui est le souffle, la prière en mouvement, la prière qui nous dit à chaque instant que tu respires, tu pries. Donc on a pu voir les cinq premières lettres de l'alphabet, bien sûr on peut tout développer comme ça, tout développer, je sais quand même d'avancer dans ce conte. L'alphabet c'est un conte, un conte initiatique, une sorte de jeu de lois qui est fait de séparation, d'unification, et d'étapes, d'épreuves. Là nous avons vu par exemple le DALET, qui est la porte, qui est la première épreuve de l'alphabet, et il y en aura trois autres dans l'alphabet, il y a le RET, le tête, et le COF. Donc le DALET qui est ici, c'est l'épreuve du temps, puis le RET lié aux têtes, ce sont les épreuves psychologiques liées à nos névroses, et puis le COF, le chat de l'aiguille, qui est l'épreuve spirituelle avant la fin de l'alphabet. On pourrait ainsi distribuer tout l'alphabet entre épreuves, passages, et donner ainsi une sorte de cohérence à tout l'alphabet.
Là nous venons donc d'aborder les cinq premières lettres, je vais commencer par parler d'une diade de deux lettres, le VAV et le ZAYN. Ce qui est intéressant dans le VAV et le ZAYN, c'est que ce sont les mêmes lettres, avec un tout petit décalage. Je vais le refaire, je ne sais pas si la caméra voit dans le bon sens comme ça, je l'ai fait à l'envers pour moi, pour que la caméra puisse le voir à l'endroit. Voilà, regardez le VAV, je fais la même lettre, mais ça, au lieu de partir de là, je le pars d'ici, et j'ai le ZAYN. Alors c'est très intéressant, parce que ces deux lettres expriment deux symboles complètement différents. Il y a le VAV qui est le lien, l'unification, la traduction du mot VAV en hébreu, c'est le mot crochet, donc c'est ce qui crochette les opposés, et ici le ZAYN, c'est l'épée, c'est l'arme, ça veut dire c'est la séparation.