L'art visionnaire, héritier des traditions sacrées
Laurence Caruana analyse les qualités "hiératiques" et "primordiales" de l'art sacré. A travers les traditions hindoue, bouddhique, égyptienne et grecque, aztèque et maya, il remet au jour le concept d'art secret commun à tous les arts de l'histoire. Constatant sa lente disparition dans l'art occidental, il tente d'en comprendre la cause par l'avènement des qualités "humanistes". Enfin, il montre comment et pourquoi l'art visionnaire, tout à la fois moderne et traditionnel, incorpore ces divers styles "humanistes" et "hiératiques" pour s'inscrire dans la longue tradition intemporelle et éternelle d'un art ancestral.
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Une conférence filmée lors du festival des Arts visionnaires Chimeria à Sedan (Ardennes).
Extrait de la vidéo
Je vais commencer avec cette idée que l'art visionnaire c'est un art assez spécial dans notre époque parce que c'est l'artier des traductions sacrées. Tout au début je veux parler de moi-même un peu parce que ça me donne une idée pourquoi moi j'ai un regard assez spécial sur les traductions de l'art sacré, un regard un peu différent peut-être qu'on pense de l'art sacré. Aujourd'hui c'est plutôt quelque chose qu'on voit dans les musées, c'est quelque chose qu'on peut regarder dans un livre peut-être. Il peut jouer un rôle tellement différent dans notre vie, dans notre culture, en société. Donc le confronter comme peintre et voyageur visionnaire. Je suis né à Toronto mais j'ai mes racines de Malte et oui j'ai fait mes études à Toronto, j'ai on peut dire une maîtrise en philosophie et après j'ai pas étudié la peinture à Toronto parce que franchement j'ai pas trouvé une école où on peut apprendre les techniques anciennes de la peinture. Pas là-bas à Toronto et en fait je pense que c'est assez difficile un peu partout même en Europe, aux Etats-Unis, etc. Donc j'ai fait mes études en philosophie et après j'ai quitté le Toronto et j'ai commencé à voyager, voyager un peu autour à Malte, Munich, Vienne, Monaco même. Et tout au long de ces voyages-là, j'ai fait la peinture et donc on peut voir tous ces tableaux dans l'espace pas loin d'ici et ça vous donne une idée de mon travail comme peintre. Ce que j'essaie de faire comme peintre, c'est je fais des recherches sur les cultures sacrées différentes et je cherche où toutes ces cultures peuvent se communiquer ensemble, où les symboles sacrés parlent dans l'une culture à l'autre culture et je peux expliquer tout ça un peu profondément après. Et ça vous donne un aperçu un peu de mon travail. On a parlé de Ayahuasca il y a une demi-heure et ce motif-là par exemple qu'on voit dans ce tableau c'est typiquement du monde de Shipibo-Konibbo et leur vision sur l'emprise d'Ayahuasca. Donc ça c'est un travail que je suis en train de faire maintenant, c'est pas terminé. Donc peintre mais aussi voyageur, visionnaire. Ça a commencé en 1987, j'ai quitté Toronto, j'ai voyagé tout à travers l'Europe. À ce temps-là, c'était une grande découverte, tous les musées, les tableaux, etc. J'ai fait beaucoup d'esquiffes et j'ai remarqué aussi, j'ai commencé à remarquer comment les styles de chaque culture est un peu différent. C'est-à-dire là le gothique, style gothique français. Donc j'ai fait des études dans cette direction-là. Mais aussi le style grec ancien classique qui est important. Après 1990, j'ai voyagé tout à travers l'Europe de l'Est, Romanie, Moldavie, l'Ukraine. Dans cette photo-là, je suis devant le monastère à Kiev. Et tout ce monde byzantin m'intéressait à cette époque-là, le symbolisme, le style, etc. 2003, encore un voyage, cette fois-ci en Égypte pour apprendre le monde qui est assez fascinant de l'Égypte, qui est sans fin. Donc j'ai fait des études aussi, comme on peut voir. 2003, c'était une grande année pour les voyages. Inde, Népal, Tibet. Et donc j'ai terminé tous ces voyages-là. Jusqu'à maintenant, le dernier, c'était 2006. Et c'était tout ce monde méso-américain, comme le Mexique, Guatemala. Et donc l'art maya, aztec, olmec, etc. Après un certain temps, j'ai commencé à faire une comparaison des styles. Et par exemple ici, une comparaison de la stylisation des yeux, des faces et des profils entre les Égyptiens, les Babyloniens, les Grecs, les Grecs archaïques. Et après un certain temps, j'ai remarqué qu'il y a où on peut diviser tous ces styles-là en deux parties. Et c'est ça que je veux présenter aujourd'hui. Je veux suggérer qu'il y a un style iratique, un style sacré, on peut dire, qui est différent de ce qu'on appelle le style humaniste. Par exemple, chez les Grecs pendant la Renaissance, pour moi, il y avait un style humaniste qui surgit dans notre culture, qui est important, qui est différent, dans un sens important, de toutes les cultures qui utilisent ce style iratique. Je veux faire des comparaisons entre ces deux styles, iratique et humaniste. Mais je veux mentionner encore une chose, comme Romuald l'a dit, que moi j'ai fait un apprentissage. Je n'ai pas trouvé l'école où je peux faire mes études de la peinture, ni en Europe. Oui, j'ai passé un an à Vienne dans l'académie, mais en fait, vraiment comment j'ai appris la peinture, c'était à côté de Ernst Fuchs. J'ai eu vraiment la chance de le rencontrer. J'ai commencé de travailler avec lui dans cette chapelle à Klagenfurt, quelques semaines, presque un mois. Et pendant ce période-là, on s'est trouvé qu'on pouvait travailler ensemble, et donc il m'a invité de travailler avec lui comme assistant payé. Et il a un grand atelier à Monaco, à l'extérieur de Monaco en fait. Il y en a un à Monaco et un autre à l'extérieur. Et donc j'ai travaillé dans l'atelier plutôt à l'extérieur, où là il y a un villa, et j'ai commencé de travailler sur les grands tableaux comme ça. Et c'est comme ça que finalement je peux dire que j'ai appris la peinture, les techniques, mais aussi beaucoup plus. C'était vraiment dans le sens classique de maître-apprenti. Il m'a appris comment de voir les choses, comment vraiment de voir une œuvre d'art et d'entrer dans les états pendant la création, etc.