Le Retable magique des Antonins d'Issenheim 2/5

Dans ce deuxième volet de 68 minutes, Jean Clergue-Vila continue à décrypter pour BAGLIS TV le retable d'Issenheim de Matthias Grünewald.

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A partir d'un centre d'harmonie mis à jour par des tracés au cordeau, il rappelle la part de terre et de ciel qui constituent chaque oeuvre d'art. Il revient sur la symbolique du Nombre d'or et des divines proportions qui sont autant de signes d'une intention sacrée de l'artiste initié.  A travers une lecture ésotérique de la figure de l'octogone, il décrit le long passage du carré au cercle, soit le cheminement intérieur du futur adepte qui doit faire l'expérience de sa métanoïa grâce aux énergies théurgiques.

Une manière pour l'auteur d'approfondir la philosophie platonicienne de la Renaissance et de mettre à jour certaines pratiques magiques qui furent compilées par Cornélius Agrippa dans son principal ouvrage "La Philosophie occulte ou la Magie"(1505-1510).

Extrait de la vidéo

Le 2e volet, le 2e exposé concernant ce retable Dissenheim, qui nous a déjà valu beaucoup de surprises, surtout sur la façon dont nous tentons de le percevoir et qui n'a rien à voir avec les traditions de l'histoire de l'art et de la représentation traditionnelle en matière d'art sacré.

Le dernier exposé, si vous vous en souvenez, nous avons vu essentiellement le réalisme technologique de Grunewald en matière de crucifixion, comment il a envisagé la chose presque en ingénieur.

Nous avons vu également comment, passant de ce réalisme à un symbolisme beaucoup plus poétique, les différents personnages se trouvent réunis dans cette action, qui est en fait plutôt une inaction, parce que malheureusement nous sommes au Golgotha.

Nous avons vu des éléments symboliques qui constituent une espèce de langage un peu traditionnel, et surtout comment ces symboles se voyaient réunis entre eux par un certain nombre de tracés, finissant par constituer une espèce de trame à l'œuvre.

Étant donné l'importance et le nombre de ces symboles et la précision, rappelez-vous, avec lesquels ils sont reliés, on ne peut pas parler là de coïncidence.

On peut en trouver une, deux, trois, quatre, et quand il y en a une trentaine, les unes à la suite des autres, qui s'enchevêtrent, et surtout qui ont une signification.

Il ne s'agit pas de relier le pied de l'agneau avec le nez du Christ et des choses comme ça, non.

Des tracés symboliques qui constituent véritablement un langage, et ce langage va avoir comme premier résultat de modifier notre regard.

Nous avons vu comment Marie-Madeleine, recevant l'illumination, pour ne pas dire l'initiation, dans cet extase voyait se tourner son regard dans un regard intérieur qui lui faisait tomber le bandeau pour percevoir une lumière qui n'a rien de physique, de terrestre, mais une lumière de l'esprit, une lumière éternelle.

Si nous continuons dans cet esprit, nous observons une mère qui est véritablement, physiquement et moralement crucifiée elle-même à la vue du supplice que subit son fils.

Elle l'aurait vue, je ne dirais pas guillotinée car à l'époque ça n'existait pas, mais la tête tranchée comme Jean-Baptiste, bon, c'est cruel, c'est terrible, mais c'est immédiat.

Là, cette crucifixion de Jésus aurait duré au moins trois heures avec des souffrances absolument intolérables et vous imaginez une mère au pied de cette souffrance, volontairement et surtout injustement ordonnée et subie.

Or, observant de près cette Marie, qu'est-ce que nous voyons ? Les mains.

Est-ce que vous pensez que ce sont véritablement les mains d'une mère raidie dans l'horreur et la terreur ?

À la limite, on pourrait mieux le concevoir chez Marie-Madeleine, effectivement, où il y a une espèce de manifestation, de raidissement des doigts, mais si nous revenons sur Marie, regardez comme ses mains sont très aimablement posées l'une dans l'autre et je me suis amusé d'ailleurs à redresser cette image, eh bien, Marie est dans une attitude de méditation, elle pourrait presque reposer ses mains sur un prix Dieu.

Certes, le visage est divide, il y a une larme qui coule, mais ça, ce n'est pas une mère terrorisée, c'est une mère dans l'acceptation d'une mission divine qui lui a été confiée dès l'Annonciation.

Alors, quand on regarde de très près ses mains, on a même l'impression qu'il y a un creux à l'intérieur, que les mains ne sont pas serrées, comme dans une révulsion, mais qu'elles sont légèrement ouvertes, comme si elles contenaient un dépôt précieux.

Elle aurait recueilli un petit oiseau, que les mains seraient dans cette position-là.

Alors, ceci nous pose une question, quel est, mettons, le petit oiseau, le dépôt que Marie a dans ses mains ?

Qu'est-ce qu'elle recueille au pied de Jésus ?

Nous avons vu Marie-Madeleine qui manifestait le croisement des lumières, mais Marie, dans cette phase lunaire, c'est une espèce de, mettons, lumière secrète, et qui correspond bien d'ailleurs avec le personnage solaire de Jean-Baptiste, et comme par hasard, un trait les réunit de l'un à l'autre.

Alors, nous voyons avec quelle précision se trouvent reliées ces mains de cette lumière secrète, et cette main de Jean-Baptiste, mais alors, voyez-vous, c'est presque marqué avec un point noir, dans cet ensemble qui forme équerre, mais presque un compas, qui relie la bouche de Marie, mais qui relie la gorge, du moins ce que l'on peut appeler le chakra de la gorge, d'un être qui est dans l'invisible et parle autrement qu'avec sa bouche.

Voilà une correspondance qui ne peut pas nous laisser totalement indifférents.

Alors, cette inversion du regard et cette conduite vers ces tracés nous amènent à changer notre point de vue peut-être sur la crucifixion.

Nous dépassons l'horreur et nous entrerions éventuellement dans une sérénité.

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