Méditation autour du retable d'Issenheim 5/5

Au cours de quatre rencontres, Jean Clergue-Vila a tenté de nous faire percevoir le Retable d'Issenheim avec un regard particulier, voire singulier.

D'une Crucifixion paradoxalement sans croix portée mais très riche de symboles et d'enseignements, nous avons cheminé à travers des constructions rigoureuses de géométrie sacrée, conduisant à la formation d'un véritable pantacle de nature magique.

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47:52
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Les panneaux intérieurs furent évocateurs d'une progression alchimique conduisant, d'une part à la Divine Conception, d'autre part à un possible itinéraire personnel de réalisation spirituelle.

Ce cinquième volet pourrait être celui de la réflexion et des interrogations. Si nous avons été ainsi conduits par le peintre et surtout par ses commanditaires antonins, ce n'est pas sans quelques raisons qu'il nous reste à découvrir. 

Méditation autour du retable d'IssenheimMéditation autour du retable d'Issenheim

Au cours d'une méditation à voix haute, Jean Clergue-Vila nous exprimera ses ressentis personnels, ses suggestions, ses propositions. 

Que représente ce singulier panneau du retable d'Issenheim ?

Quelle est sa finalité et que nous enseigne-il sur nous-mêmes ?

Réponse de l'auteur dans cette vidéo de 48 minutes...

Extrait de la vidéo

Comme je vous l'annonçais il y a un instant, nous venons de chlore, je ne dirais pas trop rapide, examen ou approfondissement, ou début plutôt d'approfondissement du retable, nous y avons déjà passé plus de 4 heures, mais vous voyez l'ampleur du sujet si vous pouvons encore entrer dans un certain nombre de détails. Je vous ai proposé que nous essayions de tirer ensemble, quoique ce soit un peu ascensionnique dans l'immédiat, mais de tirer une conclusion ou plus exactement une ou des ouvertures qui nous sont proposées.

Poursuivons l'enseignement qui nous a été avancé dans la scène du temple, du concert des anges que j'appelle la divine conception. Il nous est demandé de lâcher prise, de faire table rase de toutes nos connaissances d'ivresque, de notre intellectualité, de notre raison résonante. C'est ce que je vais tenter de vous présenter devant vous, une sorte de méditation à haute voix qui est pour moi la conclusion de dizaines d'années de fréquentation de cette oeuvre. Car finalement pourquoi nos amis de Balvis TV m'ont-ils proposé de m'exprimer ainsi ? Simplement parce que c'est une oeuvre que j'ai découvert à peu près vers l'âge de 25 ans en compulsant une petite encyclopédie de voyage. J'étais tombé sur cette oeuvre qui m'a immédiatement surpris par la force de son graphisme, plus que de son coloris car il me semble que c'était l'entendotion en noir et blanc à l'époque. J'étais allé la voir à Colmar et puis j'ai lu ce qui existait à l'époque, ce qui n'était pas très très très important, surtout sur Creusval lui-même. Mais l'oeuvre m'a poursuivi et j'ai eu l'occasion de rencontrer certains cercles, appelons ça traditionnels, qui pratiquaient ces graduations selon des arts sacrés, comme je vous l'ai dit dans un exposé précédent, selon la symbolique, la géométrie qui n'était pas un art du trait, mais une géométrie symbolique également, quelques notions d'alchimie.

Il m'a semblé que tout ceci s'appliquait à cette oeuvre et je me suis particulièrement intéressé à cette crucifixion et à ce saint Jean-Baptiste et à ce prologue de Jean et à ce que j'appellerais une voie johanniste. En fait, ce terme fait un peu rigoler ou exaspère un de mes amis saint-théologien, orthodoxe. Je lui dis, johannisme, qu'est-ce que c'est ça ? C'est pas une doctrine, c'est pas...

Eh bien, aujourd'hui, je peux lui répondre, le johannisme, c'est un état d'esprit, finalement.

Et cet état d'esprit, vous avez vu vers quoi il peut nous conduire. Pour revenir un peu sur mon passé, le goût pour les arts m'a conduit à suivre plusieurs années de cours de l'école de Louvre, mais en tant qu'auditeur libre encore, je n'avais pas de prétention professionnelle en la matière, et surtout les cours d'art sacré. Et en conjuguant à la fois le ressenti personnel, les connaissances apportées en matière d'art traditionnel, et puis ce que pouvait me donner une meilleure connaissance des œuvres particulièrement d'expression germanique, petit à petit s'est esquissé ce que je vous ai proposé dans ces quatre exposés. Depuis quelque temps est venu un besoin de liaison, de cohésion, car c'est le principal défi de ce retable où chaque fois que nous changeons de plan, chaque fois que nous changeons de panneau, Grunewald nous prend un contre-pied par le sujet et par la façon d'exprimer.

Nous étions partis d'une crucifixion dans un esprit post-gothique, crucifixion terrifiante de réalisme, et puis ouvrant les panneaux, nous tombons dans une luxuriance baroque. Le style se change complètement et nous passons pratiquement des ténèbres à la lumière. Mais ce n'était pas suffisant et chaque tableau, chaque panneau nous posait un problème. La justification du saint Jean-Baptiste au départ, la justification de la scène dite du conserve des anges, mais que j'appelle divine conception, à qui il fallait donner également une cohérence. Et puis ensuite, le cheminement vers cette Vierge à l'Enfant, qui n'est que le passage vers autre chose. Et c'est toute la difficulté de ce retable de trouver un discours cohérent.

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