Le féminin/masculin dans les traditions préchrétiennes

La femme n'a pas toujours été considérée comme un sous-homme, soumise et dépendante ! Elle n'a pas toujours été, non plus, considérée comme le seul reflet changeant de la lune…. A l'heure du XXIe siècle où se posent tant de questions sur le genre et la nature du féminin, un échange sur la condition de la femme dans la société celtique traditionnelle nous apparaissait comme important et nécessaire. A travers l’évocation de cet "ancien temps", et la compréhension de la survivance d’archétypes, de mythes fondateurs ou de particularités aussi lumineuses que sombres apporte sans doute à nos contemporains une clef de lecture nouvelle et indispensable.

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Un héritage, archaïque certes, mais qui perdure dans l’inconscient collectif !

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Sylvie Verchère Merle (auteur) et Csilla Kemenczei (analyste) sont ici interviewées par la journaliste (et auteur) Florence Quentin. A la lumière des travaux de Marie-Louise Von Franz, Carl Gustav Jung, Clarissa Pinkola Estès elles vont toutes trois, par leur parcours différents et sensibilités respectives, évoquer et réhabiliter, la place de la Femme à l’aune du christianisme naissant.

Extrait de la vidéo

Bonsoir à tous, merci d'être avec nous ce soir pour parler du féminin dans tous ses états, du féminin et du masculin bien sûr, qui doivent être complémentaires et amies, nous l'espérons. Donc ce soir, vous pouvez poser vos questions, vous connaissez le principe de salamandre. Je remercie, avant de présenter nos invités, Baglis TV et les équipes qui assurent ce soir la réalisation technique. Alors ce soir, nous réunissons deux femmes de tête, deux femmes de cœur, Sylvie Verschermer, notre praticienne en psychosynthèse et vous venez d'écrire aux éditions du CIME un livre très intéressant, qui est très documenté et qui nous éclaire sur le statut de la femme dans la société celte, un statut que nous avons un peu oublié.

Mais comme vous le savez, le retour du refoulé en général se fait avec tambour et trompette. Chila Chemendzei, j'espère que je le dis bien, vous êtes, bonsoir, psychologue clinicienne formée à l'université de Budapest, psychanalyste junguienne didacticienne, membre de la société belge de psychologie et vous êtes de formation freudienne à la base et vous avez été formée donc en hongrie, comme je l'ai dit.

Et puis, vous avez découvert les théories de Carl Gustav Jung, qui a, on le sait, beaucoup interrogé les mythes, les archétypes et les contes populaires, notamment une de ses, on va dire, adeptes ou une de ses plus fidèles, enfin oui, successrices, c'est-à-dire Marie-Louise von France. Très bien, donc nous allons directement passer à ce thème de la société celte, où cette femme, tout à fait exceptionnelle pour son époque par rapport aux sociétés qui étaient alentours, vous allez nous en parler Sylvie, vous dites que l'infériorité n'est pas une question de nature, mais exclusivement une question de culture et vous en donnez donc, comme je le disais, une démonstration éloquente dans ce livre où vous expliquez que cette société, comme celtique, comme germanique, n'avait pas de clivage entre les hommes et les femmes.

Qu'est-ce que vous entendez par là, par cette absence de clivage ? En fait, quand on observe ce qu'on connaît de la société antique celte et aussi germanique, c'est que le rapport homme-femme était complètement différent par rapport à ce qu'on peut connaître aujourd'hui et aussi à tout ce qui peut être véhiculé par tout un tas d'autres cultures, et qui nous font croire que l'homme est soumise, en dessous de l'homme, à pas pouvoir faire beaucoup de choses, comme si c'était quelque chose de naturel et acquis, et en fait, on s'aperçoit que dans ces sociétés-là, c'était complètement différent, donc d'où l'intérêt de les étudier un petit peu.

Vous parlez de quelque chose qui m'a semblé intéressant parce qu'on parle souvent de sociétés matriarcales et on sait aujourd'hui par des études récentes, notamment celle de François Zéritier, qu'il n'y a pas eu de sociétés matriarcales telles qu'on peut l'entendre, mais plutôt des sociétés de transmission matrilinaire, et vous, vous parlez d'une société matristique, quelle différence vous faites entre ces termes ?

Alors matristique, ce serait plutôt matrilinaire, plutôt que matriarcale, puisqu'on n'a pas de matriarcale chez les celtes, il y a quand même une transmission patriarcale, mais il y a une transmission qui se fait quand même au niveau des femmes qui est très importante. Donc ce serait plutôt matrilinaire. Vous citez les Pyrénées, est-ce qu'on retrouve justement dans les sociétés pyrénéennes ces traces de sociétés matristiques qui se seraient transmises ?

On garderait quelques traces de ce qu'on a passé ? Alors, ça c'est un sujet un peu compliqué, parce que quand j'avance cette idée, on me regarde souvent avec des gros yeux. Moi j'ai grandi pendant de nombreuses années en Couseran, c'est-à-dire entre un pôle où il y avait le culte à Béli-Sama et de l'autre côté un culte à Lugues, donc on a vraiment ces traces celtiques, et c'est vrai qu'à l'époque, il y a plus de trente ans, la trace des femmes était très marquée, l'influence des femmes était encore très marquée.

Et donc quand on creuse un petit peu, on trouve vraiment des choses extraordinaires sur la place des femmes dans la société, dans cet espace des Pyrénées qui est aussi un couloir. Ce n'est pas peut-être tous les Pyrénées, c'est quand même un couloir de passage. Donc c'est une zone qui a été, on va dire, fécondée par plusieurs civilisations et qui aussi, par le fait qu'elle soit isolée à la fois, et un couloir de passage, a pu conserver ces traces de sociétés matrilinéaires ?

Tout à fait, oui. Et s'il y a pour vous, est-ce que justement le matriarcat c'est quelque chose de psychique ou est-ce que vous pensez qu'il a existé réellement des sociétés matriarcales ou matristiques ou matrilinéaires, où la femme justement a eu ce rôle d'égal de l'homme dont on va revenir là-dessus pour la société celte, mais vous semble-t-il que c'est quelque chose qu'on a rêvé, qu'on a recréé, ou c'est quelque chose de réel dans l'histoire ?

Je pense, moi, que c'est quelque chose de réel et il est plutôt lié à la croyance ancienne en fait. J'ai vu que tout ce qui concernait la mise au monde des enfants était considéré uniquement une affaire féminin, et à l'époque, l'essentiel était la vie et la mort, on est dans un temps archaïque où l'essentiel c'est ces deux pôles, et les deux étaient attribués à la femme en fait, parce que la femme mettait au monde, donnait la vie, et quelque part la femme accueillait les défuntes dans la terre-mer, et en fait ce qui me semblait très intéressant c'est qu'il fallait tout un temps pour que l'homme arrive, arrive comme une égale à la femme, parce que si on pense à la croyance ancienne, il y avait la femme qui était enceinte et plus ou moins au moment où le bébé, elle sentait bouger le bébé, elle voyait qu'est-ce qui passait juste là, si c'était une aigle qui passait, l'enfant était, le père de l'enfant était l'aigle, donc c'était une enfant aigle, si c'est une tigre, c'était un tigre, donc la participation de masculin dans la vie c'était tardive, et je pense que ça a déterminé certaines dominances quand même, qu'il fallait vraiment un temps pour que la femme réalise, ou que le monde réalise que c'est une œuvre à deux la création, et c'est ça, c'est tous les passés totémistes, où l'enfant est venu d'une totem au moment où la femme sentait bouger, ben voilà, ça a attribué à l'instant visible, à la fois on sait bien que l'animal à l'ancien temps c'était un des manifestations, donc ça pourrait être un ours, ça pourrait être un loup, sous forme de cet animal, après je pense que l'homme a, au moment où l'homme a pris la conscience, là il y a vraiment une, il y a une tentative d'équilibre.

Bien sûr, il a pris conscience, mais à partir du moment où il a fait la relation entre son intervention dans la création, dans la gestation, voilà, la femme a

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