Les trois voyages du Docteur Faust (3/4)
Troisième volet du décryptage du mythe de Faust par Luc Bigé. Sri Aurobindo (qui avait un mythe d’Orphée dans son thème de naissance : aspects entre Soleil, Mercure, Vénus, Lune et Jupiter…) avait rédigé un texte intitulé "le Surhomme", en 1930 donc concomitamment à la découverte de Pluton.
Période ou une idéologie délirante pangermanique (Hitler-Himmler) allait tenter d’instaurer une sorte de compétition avec le peuple juif quant à la suprématie du titre de "peuple élu".
Concept qui parait de nos jours totalement illusoire, voire grotesque, mais qui a occasionné il y a moins d’un siècle un ravage sans précédent.
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
Ravage qui porte indéniablement le sceau de Pluton.
Ainsi "sans considération du prix à payer" nous dit Luc Bigé, "Faust va parcourir trois voyages : tout d’abord dans les enfers, puis ensuite dans le ciel où Faust effectuera sa quête de Dieu, puis en troisième lieu dans le monde qui nous est familier".
Cet ordre défie la logique habituelle du mythe. Celle-ci veut en effet qu’avant de descendre dans les enfers, le "héros" touche la lumière. C’est-à-dire qu’il accède au Ciel avant de descendre dans les enfers. Ici, Faust fait l’inverse : il pénètre dans les ténèbres sans avoir touché la lumière, sans connaitre l’ouverture de son troisième œil. Troisième œil qui aurait dû le guider dans les ténèbres…. Aveuglement délibérément recherché ? Extrême confiance en soi qui confine au luciférianisme ?


Luc Bigé se propose de nous guider dans ce dédale nommé Psyché. Nous le suivons ici dans l’exploration astrologique - et jungienne - des hommes et femmes (le plan d’interprétation peut-être autant individuel que collectif….) qui portent le sceau de Faust, aspect Soleil, Pluton ou Mercure dans le thème de naissance.
Souhaitez-vous reconnaitre, ou mieux comprendre, ceux et celles qui portent la marque de Faust dans leur thème de naissance ?
Comment comprendre que tous les "Faustiens" possèdent aussi, et sans exception, la signature d’Orphée* dans leur thème de naissance, mais que la réciproque ne s’applique pas systématiquement… ?
Réponse ici de Luc Bigé dans cet exposé de 32 minutes.
* A noter que nous allons bientôt mettre en ligne différentes vidéos de Luc Bigé portant sur l’interprétation d’un thème astral en perspective avec le mythe d’Orphée.
Extrait de la vidéo
Il va ensuite faire trois voyages qu'on retrouve dans la vie des grands Faustines. Donc ces trois voyages, je les redonne, c'est dans l'Ordre, Descente aux Enfers, Montée au Ciel et Voyages touristiques. Alors vous voyez d'abord qu'il a fait les choses un peu à l'envers, puisqu'il est d'abord descendu, monté et ensuite, électroencéphalogramme plat, tourisme. Même les mineurs descendent au fond de la mine avec la petite lumière à la place du troisième œil.
Donc il lui était plus juste de monter, de descendre et ensuite peut-être de remonter. Pourquoi c'est l'ordre, c'est monter-descendre et non pas descendre-monter ? Simplement parce qu'on descend sans avoir allumé la lumière là-haut, on risque de rester coincé en bas. Donc ça c'est un point important duquel la psychanalyse est un peu sans doute passée à côté.
C'est-à-dire si on n'est pas en connexion avec ce lieu de, je vais le formuler de manière différente, avec la présence du soir, l'éveil de la jubilation, l'éveil de la paix intérieure ou le contact avec cette zone de lumière qui est au-dessus du centre coronal, trois ou quatre manières d'exprimer la même chose. Je peux encore le formuler autrement, si on n'est pas capable de se désidentifier des formes émotionnelles et mentales, si on n'a pas expérimenté au moins une fois dans sa vie cette capacité de se descotcher, que la conscience se descotche des idées qui sont si passionnantes pour elle et si inintéressantes pour les autres, vous voyez ce que je veux dire.
Ou de ces émotions qui semblent envahir le monde entier, être d'une importance phénoménale alors que finalement ça n'intéresse que bien peu de monde. S'il n'a pas découvert cette souplesse-là, il est évidemment très dangereux de descendre dans les profondeurs parce qu'on va arriver dans la pathologie du Faustien qui est l'envoûtement ou le caractère obsessionnel psychopathologique. L'envoûtement ou l'obsession au sens pathologique du terme c'est simplement que la conscience elle est envahie par un machin dont elle n'arrive plus à se descotcher.
Et donc plus on se descotche, plus on monte haut, pour parler symboliquement, ou plus on va vers le centre de soi-même. Donc Faust, qui n'est pas symbolique, n'a pas vu qu'il fallait d'abord monter pour descendre. Il a commencé par descendre et ensuite monté. Bon.
Donc qu'est-ce qui s'est passé dans la descente ? Donc il arrive sur le sommet d'un volcan, il descend dans la cheminée et il est renversé par un taureau ailé et tombe dans l'abîme. Et ensuite il rebondit un peu et il va finir par être récupéré par un vieux singe qui lui tend la main qui l'empêche de tomber jusqu'au fond. Là il voit les enfers, qui est en fait une purée de points émotionnelle.
Bon. Chaleur, tempête, brouillard, tonnerre, souffre, etc. Le risque du Faustien, s'il n'est pas monté d'abord, c'est qu'il va avoir la tentation du suicide. Le fait de descendre dans ces profondeurs va faire qu'à un certain moment on va se prendre pour l'ombre au lieu d'utiliser l'ombre pour une ressource pour notre création, pour notre œuvre.
Deuxième voyage. Il va demander à Mephisto comment est le ciel. Donc il y a donc une aspiration métaphysique chez Faust et il monte sur un char emporté par deux dragons et pendant huit jours il doit voyager dans le ciel et Faust va dire la chose suivante « Je levais mon regard au loin et vis que le ciel bougeait et tournait si vite qu'il ne pouvait qu'éclater en mille morceaux. Le ciel était également si lumineux que je n'ai pu regarder plus longtemps et l'air si chaud que j'aurais pu brûler si mon serviteur ne m'avait pas rafraîchi en me faisant de l'air.
Il me sembla aussi que le soleil qui ne nous paraît pas plus grand qu'à Thaunau était plus vaste que la terre et je ne puis en apercevoir les confins ». Et c'est à ce moment-là qu'il se dit « J'en ai vu assez, je redescends » et il va signer de son nom le contemplateur d'étoiles. Donc on a chez le Faustien ce qu'on appellerait sur le plan psychologique aujourd'hui un complexe d'échecs. Il a vu la lumière, il a vu le soleil, il a vu le soi, il a vu Dieu d'une certaine manière, enfin bref il a eu une expérience qui lui a réchauffé son âme, qui a réchauffé son corps et il dit « Ah, c'est trop chaud, je veux redescendre, ramenez-moi en bas surtout, ramenez-moi sur la terre ».
Et il va en plus signer le contemplateur d'étoiles « je méprise la lumière, celui qui méprise la lumière ». Donc structure d'échecs, la structure d'échecs c'est quoi ? C'est « Lorsque je suis sur le point de réussir, je m'arrange pour échouer. Lorsque je suis sur le point d'avoir une promotion professionnelle, d'être mise en lumière parce qu'il y a 25 000 radios qui me demandent, je tombe malade, je me casse le genou et surtout je ne peux plus y aller ».
Donc structure d'échecs qui fait qu'on a peur d'être mis sous les projecteurs de la rampe, d'être mis en lumière et on va se raconter qu'on méprise la lumière, on va se raconter qu'on méprise la notoriété, qu'on méprise le message qu'on pourrait donner aux autres, etc. Et il a peur de retrouver le vrai pouvoir car il sait qu'il va perdre le pouvoir. Donc ça c'est une clé importante du mythe de Faust, c'est-à-dire en permanence remettre son pouvoir au vrai pouvoir, remettre en permanence le pouvoir que lui a donné la vie, les autres parce qu'il fascine évidemment à la fois par son intelligence et son côté mystérieux, parce qu'à travers lui poudroie la présence des mondes invisibles et donc cette puissance la même est son propre obstacle, sauf s'il remet en permanence son pouvoir au vrai pouvoir qui est le sens du destin, qui est le divin.
Donc le troisième voyage de Faust, donc je vous invite à réfléchir, est-ce que vous avez fait le premier, est-ce que vous avez fait le deuxième ? Donc premier voyage, descente aux enfers, courant du terme, deuxième voyage, quête de Dieu et en même temps, complexe d'échec, qu'on peut vivre sur le plan mondain mais on peut aussi le vivre sur le plan spirituel, complexe d'échec c'est, j'ai vu la lumière, elle m'a brûlé, je me sens incapable de recommencer.
C'est une expérience mystique, spirituelle, qui m'a semblé plus terrifiante que jubilatoire et donc du coup ça me fout la trouille et j'ose pas y remettre les pieds. Et le troisième voyage, alors ça veut dire que Faust rentre dans la banalisation à ce moment-là. Son inspiration à percer les mystères du haut et du bas se banalise parce qu'il est épuisé de ses mouvements de yo-yo et il va dire, ce qui va m'intéresser c'est de