Salomé ou la bonne folie de Carl Gustav Jung

"Le psychanalyste Sigmund Freud s'entoure de jeunes talents pour bâtir sa théorie sur le fonctionnement de l'esprit humain. Le brillant Carl Gustav Jung fait partie de ceux-là, il est même le protégé du maître. Mais très vite leurs relations, autant intellectuelle que personnelle, se dégradent, et Jung rompt tout rapport avec Freud. C'est dans cette période de crise que Jung initiera son voyage fécond jusque dans les tréfonds de l’âme, élaborant peu à peu sa Psychologie des Profondeurs, magnifiquement illustrée par son Livre Rouge.

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L'homme passera par un épisode de délire, qui lui permettra d'être mieux à même de comprendre les archétypes fondamentaux.

Carl Gustav JungCarl Gustav Jung

Revient sans cesse pour lui une femme, l'envoûtante Salomé. Elle l'obsède, le visite et le possède comme si l'homme de science touchait enfin à une réalité supérieure, d'ordre shamanique."

Carl Gustav JungCarl Gustav Jung

Synopsis de Thomas Coispel, réalisateur du film

Extrait de la vidéo

Vous avez du mal à faire confiance aux autres? Oui. Oui. Beaucoup.

Beaucoup. Et ça vient d'où votre vie? Ça vient de quand j'étais petite, quand j'étais petite là. C'était des bêtises, c'était des bêtises.

Oh, il n'y a jamais eu de bêtises. Essayez de bien respirer. Respirez bien. Et essayez de revivre un peu ce moment, en me disant.

Respirez bien. C'était à l'internet. On avait regardé le film La Petite Sirène. Et quand il y a eu la récréation, après, on était tous partis jouer à La Petite Sirène.

Et on s'est changé les rôles au fur et à mesure. Et puis, j'avais l'impression que les personnes un peu étrangères de la classe, on va dire, on voulait pas trop nous donner de rôles parce que ça se démontre bien sur nous. Vous pensez qu'il pouvait pas y avoir de place pour une Petite Sirène noire? Ouais, voilà, c'est ça.

Moi, ça me chagrinait. Et puis, quand je rentrais à la maison, je me disais ça à mes parents. J'étais triste. Triste.

Comment vous vous souvenez de cette tristesse? C'est comme si on avait fait un show de... des petites choses comme ça, quoi. Ce sont pas des petites choses.

Tout à fait. On peut tout à fait comparer la séance analytique à un théâtre. Parce que ce qui va compter essentiellement, c'est la représentation que l'analyste va se faire de la situation de la personne qui est en face de lui ou sur le divan. Ça veut dire, c'est pas la réalité en soi qui compte, c'est la réalité de la personne.

Au fur et à mesure où la personne va s'exprimer, va se créer dans le conscient et l'inconscient de l'analyste une représentation des personnages et des enjeux de la situation. Et c'est avec ces personnages et l'enjeu de la situation que l'analyste va travailler. Il y a cette scène où vont se dérouler des intrigues. Je pense qu'à ce moment-là, le thérapeute, l'analyste lui-même, va être impliqué dans cette pièce.

À un niveau subtil, c'est un niveau transférentiel. Il va y avoir des échanges qui vont modifier les représentations du patient. Dans l'analyse, la personne soit capable d'être dans cette forme de transe légère qui va lui permettre de créer des associations libres, de se laisser glisser, de se laisser aller comme un bouchon dans le ressac, de dire les choses en fonction des associations d'idées. Ce qui va l'amener à être très authentique vis-à-vis de son univers intérieur.

Oui, vos parents ont compensé, bien sûr. Mais n'empêche que vous avez eu de la douleur. Vous vous souvenez de la petite sirène ? Oui.

Alors vous allez bien respirer. Et puis vous allez être la petite sirène, s'il vous plaît. Il faudrait que vous retrouviez un petit peu, comme ça, l'esprit. Et puis que vous vous sentiez dans la petite sirène.

Vous voulez bien ? Oui. Alors allez-y. C'est pas drôle, c'est sérieux.

La santé en vous, la petite sirène ? Oui. Oui. Elle est noire, elle est bien noire comme moi.

La dissociation, c'est quelque chose de très simple. C'est, par exemple, être dans un transport en commun, rêvasser, rêver, et puis oublier la station. Donc c'est un état naturel, la dissociation. Et la dissociation, c'est une forme de trance.

Donc une trance très légère, qui n'a d'autre objet que soit d'effectuer une tâche, et de se focaliser vraiment sur cette tâche, soit, au contraire, de mettre le cerveau au repos. Je pense à un pianiste, là, qui disait que quand il y jouait, et qu'il se sentait complètement en trance, il pouvait à certains moments se voir jouer du fond de la salle. C'est-à-dire qu'il n'est plus lui-même. Il y a une sorte de jeu qui est totalement intégré au corps, et la psyché elle-même peut prendre du recul par rapport à lui-même.

Ce qui se produit parfois chez certains psychotiques, mais là, ça n'a pas l'effet bénéfique attendu. Et le thérapeute, quand il entre dans cette dissociation, va non pas réduire son écoute, mais il va, au contraire, l'ouvrir. C'est-à-dire qu'au lieu d'être mot-à-mot, et d'être sensible à la représentation du mot, il va s'ouvrir sur l'organisation générale du discours, qui fait naître quelque chose de plus.

La petite sirène, c'est l'enfant qui est en vous, qui a besoin de l'adulte que vous êtes, mais il a besoin d'un échange entre elle et vous. Cet échange, il fait commencer, on continuera de l'enrichir. D'accord ? Et puis si vous avez des rêves, des siestes que l'on soit à voir, ça serait bien que vous les notiez.

D'accord ? Vers le bas, je me tourne, vers la sainte, l'ineffable, la mystérieuse nuit. Le monde est loin, sombré en un confondant beau, déserte et solitaire de sa place. Dans les fibres de mon cœur souffle une profonde nostalgie.

Je veux tomber en goutte de rosée et me mêler à la sangre. Lointain du souvenir, souri de la jeunesse, rêve de l'enfance, courte joie et vains espoirs de toute une longue vie viennent en vêtements gris comme les brouillards du soir après le coucher du soleil. Le matin doit-il toujours revenir ? La puissance du terrestre ne prend-elle jamais fin ?

Une malheureuse turbulence dévore l'intuition céleste de la nuit. L'intime sacrifice de l'amour ne brûlera-t-il jamais éternellement ? Le monde ancien touchait à sa fin. Le paradis de la jeune espèce humaine se flétrissait.

Les hommes sortis de l'enfance et encore en croissance cherchaient à atteindre plus haut l'espace plus libre et désert. Les dieux disparurent avec leur cortège, solitaires et sans vie de morale à nature. Le nombre, aride, et la stricte mesure l'alliaient avec une chaîne de fer. Comme en poussière et en courant d'air se dissémina en mots obscurs l'inestimable fleur de la vie.

Il disparut la foi évocatrice et l'alliance du ciel qui tout transforme et tout marie l'imagination. Avec hostilité, un glacial vent du Nord souffla sur la campagne pétrifiée et la merveilleuse patrie pétrifiée se fondit dans les terres. Lointains célestes s'emplirent de mondes étincelants.

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