L’ordre du Yi King, le plus vieux code secret du monde ?
Jean-Louis Brun est passionné d’hermétisme et d’alchimie. Les recherches qu’il mène sur le Yi King tendent principalement à dégager le sens de cette construction et non pas d’être une interprétation supplémentaire du Yi King, comme il en existe beaucoup.
Il pose donc la question tout de go: quel message ces soixante-quatre hexagrammes contient-il ?
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Dans la droite lignée de Cornelius Agrippa qui écrivait au Xvème siècle :
« celui qui saura allier les nombres de l’énumération avec les nombres divins, et qui saura les harmoniser, celui-là connaîtra d’admirables secrets », Jean-Louis Brun tente de lever le voile sur le rouage secret contenu dans la succession de ces hexagrammes.
Allier, puis harmoniser… En partant des cinq éléments chinois (Terre, Eau, Feu, Bois, Métal) et des huit trigrammes qui composent le Yi King, Jean-Louis Brun soulève la présence d’un code représentant l’équivalent d’un axis mundis, axe reliant Ciel et Terre, et figeant dans la matière une connaissance pure
.

Une interprétation alchimique du Yi King, d’une durée de 24 minutes et filmée au Forum 104 qui sera suivie de deux autres modules : Démontage des sept sceaux du Yi King ( 17 juin ) et Remontage du Yi King… un chemin initiatique (29 juillet). 

Extrait de la vidéo
Nous avons donc présenté les huit trigrammes et leur symbolique, et ce qu'ils évoquent, ce qui va permettre de les interpréter, même si ici l'objet de cette présentation n'est pas d'interpréter les trigrammes, mais de comprendre la construction de l'ordre des hexagrammes du I Ching, mais toutefois le sens ne peut pas être dissocié de la structure. Et c'était donc un élément de ce que j'appelle, pour en finir avec la dictature des commentaires, c'est-à-dire quelques clés, quelques moyens de comprendre le I Ching à partir des hexagrammes eux-mêmes, directement, sans passer par les nombreuses couches de commentaires, de commentaires, de commentaires, de traductions, de commentaires de traducteurs, etc., qui ont pu être faits de ce livre et qui n'est pas l'objet de ces travaux.
Alors, entre ces trigrammes et les éléments chinois, il y a une correspondance. Alors, quels sont les éléments chinois ? Les éléments, vous savez, de l'ancienne, du modèle du monde, qu'on aurait appelé en Occident l'alchimie, c'est la terre, l'eau, le feu, le bois et le métal. Alors, il y a une correspondance.
À l'élément terre correspondent les trigrammes que j'ai appelés de la terre et de la montagne, c'est assez logique, la montagne étant de la terre qui s'élève vers le ciel. À l'élément eau correspond naturellement le trigramme de l'eau. À l'élément bois, qui est également le vent, dans les principes de la science traditionnelle chinoise, à l'élément bois, donc, correspondent les trigrammes du vent et de la foudre.
Alors, tout ceci nous est donné par d'anciens diagrammes cosmologiques chinois, je n'invente pas. À l'élément feu, bien sûr, le trigramme du feu. Et à l'élément métal, deux trigrammes qui sont le trigramme du ciel et le trigramme du lac. Au passage, un petit clin d'œil, il est intéressant de savoir que l'élément métal est représenté par un caractère chinois qui est le caractère de l'or.
Je trouve très intéressant que le ciel, qui est le domaine de l'esprit, soit représenté par quelque chose qui représente également l'or. Le schéma qui est ici donne une correspondance, justement, c'est un antique diagramme chinois qui était trouvé, selon la légende, bien sûr, sur le dos d'une tortue, et qui représente effectivement la correspondance entre des nombres, que nous reverrons plus tard, les éléments, les quatre points cardinaux et les trigrammes.
Donc ça, ce que je viens d'évoquer, c'est un héritage, une correspondance donnée par la cosmologie chinoise. Concernant ces éléments de la cosmologie chinoise, un document que l'on appelle la grande règle, en donne la définition. Ce document fait partie du livre qui s'appelle « Les annales de la Chine » ou « Livre des annales ». Je cite donc le premier, le premier élément est l'eau, le deuxième le feu, le troisième le bois, le quatrième le métal, le cinquième la terre.
Les propriétés de l'eau sont de mouiller et de descendre. Donc c'est comme ça qu'est décrit l'eau, c'est ce qui mouille et qui descend. Celle du feu, de brûler et de s'élever. Le bois se laisse courber et redresser.
Le métal obéit à la main de l'ouvrier et prend différentes formes. La terre, enfin, reçoit la semence et donne les récoltes. Je voulais citer cela parce que ce texte très ancien, c'est l'un des plus vieux textes de la Chine, peut-être le plus vieux. Ce texte peut se lire de tant de manières et, à mon avis, a une portée philosophique extrêmement élevée.
Alors, les éléments, vous savez, nous avons aussi des éléments en Occident. Il est de bon ton, en général, dans le milieu universitaire, de dire tout de suite que les éléments, la notion d'éléments chinois ne peut pas se rapprocher de la notion d'éléments occidentaux, que nous pourrions dire grecs, d'ailleurs. Je me permets, moi, très librement, et puis ça n'engage que moi, de ne pas adhérer à cette logique.
Et pour des tas de raisons, ne serait-ce que parce que les éléments, par certains auteurs, connaissent une même définition des deux côtés, côté orient et côté occident. En tout cas, une analogie possible, c'est évidemment... Alors, les éléments occidentaux, qu'est-ce que c'est ? C'est la terre, l'eau, le feu, l'air.
Et puis, il n'y en a que quatre chez la plupart des auteurs et, au temps d'Aristote, est apparu un cinquième élément qui serait les terres. La terre, évidemment, peut correspondre à la terre en Chine. Les deux se correspondent, je trouve, très bien, en tout cas, dans le champ d'études qui est proposé ici. L'eau a l'eau.
L'air, lui... Alors, l'air, c'est l'air en mouvement. Dans la tradition occidentale, ce n'est pas l'air immobile dont parle l'élément air. C'est l'air en mouvement.
Donc, évidemment, ça correspond au vent, c'est-à-dire à l'équivalent du vent et du bois en cosmologie chinoise. Le feu est évidemment rapprochable du feu. Là, ils se correspondent parfaitement. Quant au métal, si l'on pouvait considérer que le cinquième élément a quelque chose à voir avec l'esprit, et c'est ce que j'essayais d'évoquer par un clin d'œil tout à l'heure, on se souviendra que l'esprit, le plus subtil des éléments, le plus léger, le plus sublime, n'est pas sans point de commun avec le métal qu'est l'or, puisque dans le caractère chinois pour métal, en cosmologie, c'est l'or.
Or, qu'est-ce que l'or pour les alchimistes, par exemple ? Ce n'est rien d'autre que de la connaissance pure, que de la sagesse, mais figée dans la matière. Voilà. Ce sont là des clins d'œil qui n'engagent que moi, qui ne sont pas directement nécessaires pour la construction de l'ordre du I Ching, mais je ne veux pas évoquer la construction de l'ordre du I Ching sans évoquer tout ce que cela peut nous apporter comme élément de sens, comme élément philosophique, comme élément de recherche de la vérité, faute de quoi ça n'a absolument aucun intérêt à part éventuellement archéologique.
Alors, nous continuons maintenant sur les méthodes de lecture du I Ching, ces méthodes que je propose et qui sont un petit peu à la base de mon travail. Je propose maintenant une règle grammaticale, qui va être la deuxième que nous allons aborder. Cette règle grammaticale va concerner l'interprétation des hexagrammes. Quand on est face à un hexagramme, comment on l'interprète ?
Et je vais ici m'inspirer de ce que l'on appelle les images, méthode d'interprétation proposée par un philosophe génial, une espèce de pic de la Myrandole chinoise, qui, comme d'ailleurs celui que je viens de citer, est mort très très jeune, qui s'appelait Wang Bi, et à qui l'on doit des commentaires du I Ching. Dans cette logique d'interprétation, le trigramme, c'est-à-dire le demi-hexagramme, est la brique fondamentale, est la clé de l'interprétation du sens d'un hexagramme.
Alors, je cite ici, justement, Rudolf Wagner, qui est un chercheur sinologue, qui a écrit des choses très intéressantes sur Wang Bi et sur ce qu'il a apporté au classique chinois. Je vous le dis tout de suite, d'après l'anglais, les images, l'image, dans le I Ching, est ce qui épuise, en quelque sorte, le sens d'un hexagramme. Pour comprendre totalement le sens, il n'y a rien de mieux que les images.
La méthode, donc, de Wang Bi. C'est pourquoi le I Ching a créé ces images pour épuiser le sens. Alors, qu'est-ce que c'est que ces images ? De quoi je parle ?
Eh bien, nous avons ici l'exemple d'un hexagramme que nous avons déjà vu auparavant. Il va nous suivre, il nous est ainsi familier. Le numéro 61, qui est la vérité intérieure. Donc, en partant du bas, deux traits continus, deux traits brisés, deux traits continus.
Eh bien, la clé d'interprétation des images nous dit, cet hexagramme, ce sont deux trigrammes superposés.