Initiation à la langue des Oiseaux

"Les mots nous parlent autant que nous les parlons" nous dit Luc Bigé. L'auteur distingue quatre fonctions du langage qui nous racontent des choses différentes. La langue des oiseaux, ou "langue des anges", nous parle de sens. Dans ce langage vivant, les mots, traités comme des symboles tant par la géométrie des lettres qui les composent que les sonorités qui les agitent, nous en disent plus que ce qu'ils semblent.

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Véritable forme de pensée en soi, ils nous conduisent à une pluralité de sens à explorer comme un jeu, nous dit l'auteur.

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Par exemple, la "maladie" peut se lire le "mal a dit". Le son est ici porteur d'une nouvelle signification qui échappe au sens conventionnel. A leur tour, chaque lettre est à la fois un son et une image, un véritable archétype nous guidant sur un chemin de transformation et d'évolution intérieure.Qu'est-ce que l'euphonie?

Quelle est la logique initiatique de l'alphabet?

Quelle est la relation des lettres avec les nombres et les signes du zodiaque?

Extrait de la vidéo

La langue des oiseaux Donc on va évoquer aujourd'hui la langue des oiseaux.

Avant de parler de la langue des oiseaux, je voudrais peut-être repositionner au fond les fonctions du langage.

On peut évoquer quatre fonctions du langage, qui vont évidemment, avec les mêmes mots, nous raconter des choses différentes.

Et d'abord le langage scientifique, c'est-à-dire c'est un langage descriptif qui va nommer les choses.

Et au fond, le présupposé de ce langage-là, c'est de dire le nom n'est pas la chose.

Le nom n'est pas la chose, le nom décrit la chose, mais il est le fruit d'une convention internationale reconnue et acceptée par tous.

Par exemple, c'est les noms latins pour nommer les plantes, c'est les noms chimiques, le paradix chlorobenzène permet à n'importe qui ne connaîtrait pas cette molécule de la décrire à partir de son nom.

Mais par contre, il est purement conventionnel.

On peut comprendre que le nom n'est pas la chose en voyant par exemple que chaque langue a son mot pour dire merci, pour dire bonjour, pour dire oiseau, etc.

Donc au fond, cette première strate du langage est le fruit d'une convention et d'une reconnaissance par tous.

Et idéalement, il est très précis et extrêmement descriptif.

Je dis idéalement parce que, bien sûr, certains noms de plantes nouvellement découvertes sont nommés en fonction du nom du découvert par exemple.

Donc à ce moment-là, on ne décrit plus la chose.

Mais au fond, cette relation au langage permet de classer, mais elle est fixiste.

C'est-à-dire le nom de la chose est fixé pour toujours à partir d'une convention.

Et il ne rend pas compte de la nature vivante, mouvante, changeante des choses qu'il décrit.

Alors il y a cet autre strate du langage qu'on connaît tous, qui est la langue vivante, qui porte bien son nom du reste, puisque c'est un langage qui évolue.

Le terme, par exemple, humanité, ne désigne pas la même chose pour un grec ancien, pour quelqu'un qui habitait en Espagne du temps de Philippe II et quelqu'un qui est contemporain.

L'humanité, dans le sens des Grecs, c'était un homme libre qui vivait dans la cité et qui, évidemment, ne travaillait pas.

L'humanité, au sens de Philippe II d'Espagne, c'était un homme qui avait la foi et qui cherchait d'accomplir la mission de Dieu sur terre.

Et l'humanité, au sens aujourd'hui, c'est un mélange de dépendance et d'interdépendance dans l'esprit du village global, par exemple.

Donc mélange d'individualisme et de sens social.

Donc ce mot-là, un même mot, a pris différents sens en fonction de l'évolution de l'histoire.

Donc c'est ça la langue vivante, au fond.

Alors l'inconvénient de cette langue vivante, qui peut être considérée comme une entité qui se transforme, qui avance, qui est dynamique et qui évolue au fil de l'histoire...

Je veux dire, le français du Moyen-Âge ou l'anglais du Moyen-Âge n'est pas l'anglais ou le français contemporain.

Donc il y a eu une évolution et a l'avantage d'être suffisamment flou pour comprendre ce qu'on veut comprendre.

Si je parle, je ne sais pas, de quelqu'un que je connais qui s'appelle Catherine, Marie, Jean ou Michel, tous les gens qui le connaissent diront « ah oui », mais chacun aura une idée différente de cette personne.

Donc, au fond, cette langue vivante, elle maintient le quiproquo, et c'est parce que les sens, justement, ne sont pas figés pour l'éternité dans une description précise, que la vie, que le mouvement, que le changement est possible.

Donc la langue vivante va respecter la capacité de changement, d'évolution de la chose dont on parle.

La troisième strata du langage, c'est la langue des oiseaux qu'on va détailler aujourd'hui.

Alors la langue des oiseaux, elle nous parle du sens.

Elle nous dit, au fond, les mots nous disent plus que ce qu'ils semblent nous dire.

Par-delà leur sens descriptif, premier niveau, par-delà leur sens vivant, par-delà leur sens, j'ai envie de dire dynamique, la langue vivante, ils vont exprimer du sens, qui n'est pas le sens conventionnel.

Le plus connu, évidemment, c'est la maladie.

La maladie, mal a dit, que dit le mal ?

Donc le symptôme est une expression d'une pathologie.

On peut aller un peu plus loin en voyant que dit déité, c'est la déité.

Donc la maladie, c'est une maladie qui nous indique qu'on n'est plus en accord avec notre mythe fondateur, et la pathologie va signer, au fond, ce désaccord entre ce que l'on paraît et ce que l'on est.

Ce que dit le déité, c'est la parole.

L'ol, c'est l'huile de l'onction.

Donc la parole, normalement, c'est ce qui devrait être une expression de l'amour, une expression de l'onction.

Du reste, dans le symbolisme du corps humain, on a cette image extraordinaire, qui est le fait que la parole vient du cœur.

Puisque le souffle vient du système cœur-poumon et passe à travers la gorge, elle s'exprime dans le son.

Donc une parole, en réalité, ne peut pas venir de la tête, elle ne peut pas être intellectuelle.

Une vraie parole vient nécessairement du cœur.

C'est, pour revenir à la langue des oiseaux, aussi le sens de l'enseignement.

Puisqu'un enseigné, on peut l'écrire avec un A et non pas avec un E.

Donc enseigner revient à distribuer, communiquer, partager une énergie qui vient du cœur et qui s'exprime par le souffle.

Le souffle étant le pneu humain, l'esprit.

Donc, idéalement, dans la parole, on voit que la parole dit ce qu'elle est, c'est-à-dire c'est ce qui est par l'amour.

C'est une transmission d'amour, en réalité, et non pas une transmission de savoir.

C'est une bénédiction, au sens littéral du terme, étymologique du terme, puisqu'une bénédiction, c'est une bonne parole.

Donc cette langue des oiseaux va traiter du sens des mots en revenant un petit peu à leur traiter comme des symboles.

Alors on y reviendra tout à l'heure.

Et je voudrais tout de même évoquer le quatrième sens du langage, qui est, au fond, le langage mentrique.

Un mantra, comme les sons associés au chakra, par exemple, Lam, Ram, Vam, Yam, etc., ne veut rien dire en soi.

Il exprime simplement, c'est une énergie qui est exprimée du fait de sa sonorité.

Donc ici, ou la prière du cœur, du pneu humain russe, par exemple, c'est cette idée que la répétition d'une sonorité va transformer, l'identité de la personne va transformer la chair.

Donc ici, l'esprit se fait chair.

C'est un son qui permet la transformation et la métamorphose de l'être.

On sait que dans la tradition indienne, il y a 52 sons fondamentaux, que dans certaines traditions, en tout cas de Sanyasin, qui, lorsqu'elles sont répétées, permettent cette ouverture à la présence de la mère divine et à la conscience du cosmos.

Donc ces quatre strates du langage sont évidemment importantes.

Il y a le langage qui décrit, c'est le langage scientifique.

Il y a la langue vivante, c'est-à-dire celle qui permet la mutation, le changement, l'évolution.

Ce sont nos langages courants, au fond.

Il y a la langue des oiseaux qui va traiter de la question du sens des mots, mais un sens qui est connu par l'inconscient et qui n'est pas, bien sûr, conventionneur.

Et la langue mentrique, qu'on retrouve aussi à un autre niveau, dans les champs militaires, par exemple, parce que c'est le rythme et la force du son qui entraînent les militaires à faire 60 km par jour avec 20 kg de pierre sur leur dos.

Donc ça, c'est la puissance des sonorités qui aident à traverser des épreuves difficiles, d'où l'aspect initiatique de cette langue-là.

Alors bien sûr, on connaît les règles de la langue scientifique, on connaît les règles, ça ce sont les grammariens, de la langue conventionnelle, de la langue vivante.

On va explorer aujourd'hui les règles de cette langue des oiseaux.

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