Se libérer des mémoires poison dans l'hindouisme et la voie soufie

"L’âme d’une personne a souvent beaucoup voyagé, nous dit Philippe de Vos, et à chacun de ses voyages, à chacune de ses incarnations, elle emmagasine différentes scories : les mémoires poison"…. A l’instar de la mémoire de l’eau, il existerait ainsi une mémoire des cellules profondes du corps humain. Une zone où le mental de l’homme n’a pas accès, située au-delà de l’inconscient…

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La Grâce s’obtient par la transe et le repentir

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A travers différents "exercices spirituels" issu de l’hindouisme et de la voie soufie, Philippe de Vos nous propose d’envisager une descente en soi-même. Une descente qui se place sous le sceau du courage et de le l’humilité, puisqu’il s’agit d’aller au plus profond de soi et d’affronter son meilleur ennemi : soi-même.
Un chemin pavé de bienveillance, puisqu’on y découvre que le plus souvent nos blessures ne sont pas les nôtres ! Une interview passionnante de Philippe de Vos par François Lehn, où la question du trans-générationnel fait face ici à la Tradition...

Extrait de la vidéo

Philippe Devos, bonsoir, vous êtes un maître Sufi, je crois même que vous appelez Cher Amanullah, vous êtes représentant en France de la voie Naqshbandi, et ce soir nous allons parler ensemble des mémoires poisons et de la libération des mémoires poisons dans la tradition Sufi et hindouiste. Il y a quelques temps nous avions déjà réalisé une interview ensemble à l'occasion de laquelle nous avions parlé de l'enneagramme, car également vous êtes auteur, vous écrivez des livres et notamment celui-ci sur l'enneagramme qui présente les différentes blessures que l'on porte en nous et qui nous éloignent de la lumière, si je me souviens bien.

Ce soir donc nous allons commencer à parler des mémoires poisons dans la tradition Sufi et hindoue. Je crois d'ailleurs que vous revenez de Chine où vous avez mené des séminaires auprès des Chinois pour les initier à cette voie, à la voie Sufi, n'est-ce pas ? Exactement. Vous voulez vous en dire un mot ?

Oui, donc déjà sur la présentation c'est vrai que certains, en Chine, me présentent comme Chir, moi je deviens de plus en plus modeste, certains m'appellent ainsi, moi je vois que je chemine sur le chemin, j'essaie de garder une certaine humilité je dois dire, c'est d'ailleurs très utile sur le travail des mémoires poisons. Alors pour la Chine, eux par contre, ils ont un respect extraordinaire de l'enseignant et ce sont des gens magnifiques du point de vue de l'humilité justement.

Donc j'ai fait effectivement cinq séminaires dans plusieurs villes différentes, Shenzhen qui est à Hong Kong, Shenzhen juste à côté, Shenzhou, Guangzhou qui est canton, Shanghai, extrêmement émouvant avec des gens qui reviennent à la culture car depuis deux ans après la fameuse histoire avec Mao qui a coupé par la révolution culturelle, il y a un retour de la tradition spirituelle et une soif extraordinaire de revenir à la connaissance de soi et finalement un chemin de connaissance.

Donc il y avait deux mondes extraordinaires, très vivantes et très touchantes. Je repars d'ailleurs le 18 octobre. D'accord, et ils sont sensibles à la mystique musulmane donc au souchisme de même contexte hindou puisque vous êtes également porteur de traditions hindou et hindouiste et ils sont réceptifs ? C'est-à-dire que je leur dis finalement le dharma ou la loi universelle ou le Dao si vous voulez est une et l'islam est par exemple la dernière adaptation de cette loi universelle que dans la voie soufiane on appelle d'ailleurs din el khayyim, enfin le sanatana dharma dans l'hindouisme, c'est-à-dire finalement la loi universelle car en fait c'est toujours, toutes les religions sont reliées à la loi universelle, les lois éternelles de l'univers et donc l'islam étant la dernière adaptation.

Ils le comprennent très bien et comme il n'y a pas ce préjugé évidemment de toutes les images négatives que nous on a de l'islam à travers tous les problèmes et les maladies bien sûr de l'islam, pas le vrai islam mais les maladies, à travers ces problèmes, comme il n'y a pas ce préjugé en Chine, il y a une immense demande, au contraire, tous me disaient je veux un non musulman, je veux devenir musulman, je veux devenir soufie et j'étais stupéfait de cette demande et qui était presque une sorte de, j'ai presque envie de dire, une sensation d'être honoré par cela, une extraordinaire demande, voilà, très touchante je dois dire.

Donc il y a eu plusieurs, 53 qui ont reçu ce qu'on appelle la Shahada, qui sont venus à prononcer qu'ils voulaient, qu'ils croyaient en Dieu l'unique, qui ont voulu recevoir ce qu'on appelle la Baïrah, c'est l'initiation soufie, voilà, 53 au Chine. La Shahada, si je me souviens bien, c'est la profession de foi des musulmans, c'est ça ? Voilà, exactement, bravo. Et donc à l'intérieur du soufisme, et donc vous avez expliqué de l'hindouisme, vous avez réussi à identifier, même si les textes n'en parlent pas clairement, du moins dans la connaissance, vous avez réussi à identifier qu'il y a des connaissances relatives à des mémoires poisons, alors les mémoires poisons, assez immédiatement, on pourrait se dire mais ce serait peut-être plus une notion liée au karma, disons que ce sont des mauvaises actions des vies passées qui sont réactualisées dans cette voici et on porte ce poids, ce poids négatif.

Je ne crois pas que ce soit présent tel quel dans le soufisme, expliquez-nous. Alors, en fait, il faut le définir, on est bien d'accord, c'est le premier sujet, définir les mémoires poisons. Je dois dire justement pourquoi j'ai voulu qu'on parle à la fois de l'hindouisme et de l'islam, parce que c'est deux présentations qui sont différentes mais un peu complémentaires. Par exemple, dans l'hindouisme, on appelle ça les samskara, c'est un nom précis en sanskrit et donc le chemin vers la délivrance qui est l'éveil, on appelle le samskara shodi, le nettoyage des mémoires poisons.

Dans les traditions judéo-chrétiennes et islamiques, trois traditions monothéistes, il y a aussi ce nettoyage d'en fait toutes ces scories, alors dans la tradition juive on appelle ça les clépotes, des écorces négatives qui s'infiltrent en nous et qui entrent dans les cellules profondes. Et ce qui m'intéresse en ça, c'est que c'est très très profond comme mémoire, on ne parle là pas de la mémoire actuelle qui fait que je me souviens de ce que j'ai fait hier, de ce que j'ai fait il y a une semaine, il y a un mois, à la rigueur, on ne parle pas de cette mémoire là, on parle de la mémoire des cellules.

Certains maintenant, je crois Laroche, le docteur Laroche, il écrit si mes mots noirs pouvaient se souvenir, mais maintenant les médecins commencent à découvrir qu'il y a une mémoire cellulaire et qu'on peut travailler. C'est d'ailleurs lié à la mémoire de l'eau qui est dans nos cellules. Donc il y a une profonde mémoire en nous et certains psychologues comme par exemple Jeannot, qui a été plus loin que la psychologie, sont arrivés jusqu'à toucher ce qu'on appelle le primal en l'être humain.

Et c'est ça qui m'intéresse, c'est que le primal, le profond, le somatique, l'inconscient, plus que l'inconscient, ces mémoires anciennes qui sont au fond de nous, nous conditionnent et le mental ne peut pas y avoir accès. Le mental n'a pas accès à ces profondeurs de l'être. Je parle là de cet enfer qui est en nous parce qu'on peut le traduire au mode judéo-chrétien et islamique comme ce que Dante par exemple a exprimé, la descente aux enfers avant la remontée et qui est basé sur ce qu'on appelle l'israël mirage, c'est-à-dire le voyage spirituel du prophète qui, dans son histoire, il a raconté le voyage nocturne et traduit.

Il y a une descente aux enfers, on voit toutes les blessures, tout ce qui finalement nous met dans un feu intérieur et comment on en sort. Donc on descend et on remonte. Mais pour remonter, il faut déjà descendre. Tout le sujet, c'est descendre avant de remonter et c'est pour ça qu'Orobindo par exemple travaillait sur la descente dans les mémoires avant la remontée.

Beaucoup de gens regardent le ciel et disent je suis en bon état, je suis heureux, mais si on ne regarde pas ces mémoires qui sont des croûtes sur le cœur, des voiles sur le cœur et qui déforment le réel, on ne peut pas se libérer, on n'est pas vraiment dans la vision du réel, on est conditionné par ces mémoires-là. Dans la tradition judéo-chrétienne, c'est par exemple le repentir qui conduit à ça. D'accord, attendez.

Pour repréciser la question d'où viennent ces mémoires, ces mémoires poison, elles proviennent de vie antérieure, ce qui n'existe pas comme notion dans les traditions méditerranéennes, le judaïsme, le christianisme, l'islam. Alors justement, là, on vient de voyager sur quelque chose qui s'est mal passé. On est dans ce problème d'expression où on va faire des références à différentes cultures, donc il faut faire un petit peu attention, c'est sûr.

L'hindouisme n'est encore pas tous, puisque la réincarnation en mode hindou, les métaphysiciens n'acceptent

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