Jean-Baptiste Willermoz et le Régime Ecossais Rectifié

Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) est un franc-maçon français qui joua notamment un rôle important dans la constitution des systèmes de hauts grades maçonniques de son temps en France et en Allemagne. Fondateur du Régime Ecossais Rectifié (RER), il nous est conté ici par Yves-Fred Boisset, directeur de la revue "l'Initiation", fondée par Papus.

Pour visionner ce film ajoutez le au panier ou
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
1:00:30
À partir de 12 € / mois
VOD / 15€

Extrait de la vidéo

Mesdames, Messieurs, ce soir je vais vous parler d'un personnage particulièrement fascinant qui s'appelait Jean-Baptiste Villermo et je vais diviser mon exposé en trois parties principales. D'abord, je vous parlerai du personnage lui-même, personnage attachant qu'il en est. Ensuite, je vous parlerai de son oeuvre maîtresse qui n'est pas littéraire mais qui est plutôt, disons, pratique. Et enfin, je vous parlerai de la place de la maçonnerie villermosienne, c'est-à-dire la maçonnerie rectifiée, dans l'ensemble de la maçonnerie française. Jean-Baptiste Villermo est né en 1730. Il est mort en 1824. Il a vécu 94 ans, ce qui pour l'époque était quelque chose d'assez extraordinaire.

Surtout quand on a eu une vie dans la majorité, quand on a traversé la révolution et tout ça. Ce n'était pas une époque paisible. En 1730, il est né dans une famille de soyeux, très catholiques. Mais à Lyon, en 18e siècle, être soyeux et catholique n'a rien d'extraordinaire en soi. Ses parents étaient des gens de très bonne culture, mais en fait, ils s'intéressaient surtout au commerce, à leur négoce. Il avait un frère et une sœur. Et lui-même, en 1750, il décide de devenir franc-maçon. Mais il faut savoir que c'était la franc-maçonnie en 1750, en France. D'abord, la franc-maçonnerie, elle est née en Angleterre, dans les deux dernières décennies du 17e siècle. Et elle est née en Angleterre de façon tout à fait prosaïque. Je ne veux pas décevoir les amateurs de légendes. Mais enfin, il y a l'histoire et la légende. Si la légende est belle, l'histoire n'est pas moins belle. Et en tout cas, elle n'est plus près de la réalité. Et l'histoire de la franc-maçonnerie, au début, c'était une histoire très banale. Ce sont des gens qui se réunissent. Ce sont des gens qui voulaient faire de l'assurance. C'était la manie des Anglais, l'assurance. Alors ils ont continué longtemps. La Lune, c'est anglais. N'oublions pas. Et on pouvait assurer. Maintenant, quand on veut assurer sa voiture, sa maison, ce qu'on veut, on va chez un assureur. Il y en a partout. On en trouve partout. À l'époque, il n'y avait pas d'assureur au sens propre du terme en Angleterre, ni même en France. Donc on allait voir des gens qui faisaient de l'assurance, comme ça, qui sont privés. Et puis, dans un de ces clubs, un jour, il y en a un qui a dit, mais tiens, c'est intéressant ça, peut-être qu'on pourrait aller plus loin. Et aller plus loin, ça voulait dire, disons, peut-être s'intéresser à des gens comme Newton, comme Bacon, à des philosophes. Et c'est devenu petit à petit, disons, des cercles un peu philosophiques. Et ça, ça a duré, comme ça, quelques années, quelques décennies même, jusqu'au jour où un Français venu de France, un nommé Jean-Théophile Desaguliers, pasteur, protestant, qui avait fui la Rochelle après la révoltation de l'édit de Nantes par Louis XIV. Enfin, la famille, pas lui, mais sa famille avait fui l'Angleterre. Il s'était retrouvé donc, il avait fui la France, la Rochelle, il s'est retrouvé en Angleterre. Et avec d'autres amis protestants, d'autres pasteurs protestants, il a décidé de fonder, disons, une association religieuse, mais pas cultuelle. C'est-à-dire, disons, où l'on pouvait parler sans pratiquer forcément un culte. Alors, il rencontre des gens comme le pasteur Anderson et comme d'autres. Et il fonde ce qui va en être une espèce de club, pardon, en Angleterre il y a beaucoup de clubs, une espèce de club qui va devenir petit à petit l'embryon de la franc-maçonnerie. Voilà, ça c'est l'histoire, la légende bien sûr, la légende, alors on vous dira que ça remonte peut-être pas à moi, à Jésus, je ne sais pas quoi, bon d'accord, mais même à Adam, pourquoi pas. Mais enfin, l'histoire est là, l'histoire est têtue. Et la franc-maçonnerie en Angleterre, c'est gentil, intéressant, on y mange bien, on y boit bien surtout, parce que ça, les loges, les premiers, enfin les embryons de loges de l'époque se tiennent dans des tavernes, la plus célèbre c'est celle de Loi et le Dril à Londres, qui a été célèbre dans les annales maçonnites.

Mais en fait, on n'y fait rien de très ésotérique, de très initiatique, on y fait surtout, disons, des rencontres entre amis, mais avec un niveau intellectuel. Alors bien sûr, on me dira qu'avant, il y avait des compagnons, il y avait des guides, etc. Qu'en Ecosse, il y a eu des choses, en Irlande aussi. Bon, on veut bien. Il est vrai qu'en Ecosse, il y avait des sociétés secrètes, à caractère initiatique, depuis très longtemps. En Irlande aussi. Mais en Angleterre, non. Mais comme l'Angleterre a eu la manie de capturer tout ce qui était d'Ecosse et d'Irlande, c'est devenu anglais, en fait. Ils en sont, ils sont appropriés. Alors, bien sûr, là, on rejoint la légende, nécessairement. La légende dit que lorsque, au XIVe siècle, les Templiers ont été convaincus, disons, de crimes plus horribles les uns que les autres, et qu'ils ont été chassés pour chasser, qu'on sait une histoire de mollets, etc. Et que certains, en ayant échappé au massacre, ont pu se réfugier, certains au Portugal, d'ailleurs, où il y a des traces de Templiers, et d'autres en Ecosse. Pourquoi en Ecosse ? Peut-être parce qu'ils choisissaient une certaine liberté.

Et qu'un roi, un nommé Aristan, roi d'Ecosse de l'époque, vous savez, ça c'était au XVe, XIVe, XIVe siècle, les aurait protégés, pris sous sa protection. Et que c'est là aussi qu'on retrouve un embrouillant de formation de libre. Mais enfin, ça, c'est plutôt la légende que l'histoire. En Irlande aussi, il y avait des groupes comme ça. Les Irlandais ont toujours été très particuliers. D'abord, ils n'aiment pas les Anglais, les Ecossais non plus. Il faut savoir que les trois pays du Royaume-Uni, c'est-à-dire l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande, se détestent mutuellement. Un point qu'on n'imagine pas. Donc, en Angleterre, la maçonnerie naît dans les conditions, disons, tout à fait prosaïques, que l'on sait, et elle est mineure sur le continent. Elle est mineure d'abord en France, parce que c'est le pays le plus près, en Allemagne, en Espagne, au Portugal, essentiellement. Et c'est en France qu'elle va commencer à avoir ses lettres de noblesse. C'est-à-dire, c'est là qu'elle va commencer, disons, à devenir intéressante. Alors, je ne dis pas ça parce que je suis français. Je suis content d'être français. Je suis fier d'être français. D'ailleurs, un jour, je vous ferai quelque chose là-dessus, sur mon histoire de France. Mais c'est surtout parce que c'est vrai, c'est historique, c'est en France que la maçonnerie commence à s'intéresser à beaucoup de choses intéressantes. C'est-à-dire à ne plus être simplement un club, mais à devenir une société initiatique. Petit à petit, ça fait passer du jour au lendemain. Ce n'est pas un décret qu'on a dit ce jour-là, tel jour, à telle heure, on fait ça. Ce n'est pas vrai. Au début, tu trouves tant maçonnerie. D'abord, il faut savoir que nous sommes au début du XVIIIe siècle, c'est-à-dire dans les années 1710-1720.

Abonnez-vous à la newsletter de BAGLIS TV

Haut