Symboles de la Franc-maçonnerie : les signes

"La symbolique maçonnique repose sur l'architecture sacrée"

Centrée sur le temple idéal dont le modèle demeure le Temple de salomon, elle s'exprime donc dans l'art - royal par essence et par tradition - qu'est l'art de la construction" nous dit Jean-Jacques Gabut.

Aussi, elle se reflète dans les outils qui en sont les serviteurs, les mythes et les rites utilisés par l'initié à la gloire de la divinité sensés donner vie à la pierre et autres symboles.

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Dans ce premier volet, l'auteur nous convie à découvrir les signes, ce langage muet accessible à tous et de portée universelle.

Il distingue ainsi le signe-geste, le signe-marque et le signe-symbole, à la fois signes de reconnaissance et porteurs de sens.

Extrait de la vidéo

La symbolique maçonnique repose sur l'architecture sacrée, centrée sur le temple idéal, dont le modèle demeure le temple de Salomon, elle s'exprime donc dans l'art royal, par essence et par tradition, qu'est l'art de la construction.

La symbolique maçonnique se raflaite donc d'abord dans les outils qui sont les serviteurs de cet art, mais une fois le temple achevé, il faut donner vie aux pierres qui le composent.

Il faut que ce temple soit habité par l'homme, rendu vivant par lui, par les mythes et par les rites qu'il a inventés à son usage d'initié comme à la gloire de la divinité.

Ce sont alors aux côtés des outils de la construction, à d'autres symboles, que l'homme doit recourir pour exprimer la profondeur de sa quête spirituelle.

Il recourt ainsi aux signes, parce que les signes signifient, ils sont langage muet, accessible à tous, de portée vraiment universelle.

Il recourt aux mots et aux noms, parce que les mots, les noms expriment et désignent, parce qu'ils sont le lien échangé qui unit les esprits.

Il recourt aux couleurs, parce que les couleurs traduisent les sentiments, les aspirations, les idées et qu'elles chantent en nous la transfiguration des choses.

Il recourt enfin aux nombres, parce que tout est nombre, tout est mesuré, pesé, jaugé, parce que le nombre est la vie, en son temps, en son lieu, parce que le nombre est la détermination.

Les signes, les mots, les couleurs et les noms n'avaient jamais jusqu'ici fait l'objet d'une étude systémique de la part des maçonnologues.

Nous avons donc voulu combler cette lacune, parce que ça nous paraissait important pour notre compréhension de l'art royal, aussi important que l'étude des outils et des décors qui composent le temple de la franc-maçonnerie.

Et nous y avons ajouté, au passage, un long chapitre consacré à un autre aspect négligé par la plupart des auteurs, celui de la faune et de la flore, la faune et la flore sacrée, bien sûr, auquel l'ordre dans son ensemble, et quels que soient ses rites, se réfèrent dans ces différents rituels.

Nous avons suivi pour cette étude l'édification de l'initié par le rite écossais, ancien et accepté, parce que c'est le rite le plus pratiqué dans le monde aujourd'hui.

Mais les adeptes des autres rites, qu'il s'agisse d'émulation, de yorgue, du rite écossais rectifié ou du rite français, retrouveront facilement en ces pages leurs propres symboliques, le plus souvent avec les mêmes signes, les mêmes couleurs fondamentales, les mêmes mots et les mêmes noms en sacré.

Car nous sommes tous les mêmes fils du métier et nous partageons tous les symboles essentiels de l'art sacré des constructeurs, commençant et recommençant sans cesse l'édification du Temple, érigé à la gloire du grand architecte de l'univers.

Je vais donc parler des signes.

Le signe est lié au sens.

Par le signe, l'idée se relie au mot, le signe n'étant pas autre chose que le mode d'expression de cette idée.

Toujours un signe relie un signifiant, qu'il soit écrit, oral ou purement gestuel, à un signifié.

Signifiant et signifié étant corrélatifs, le signifié n'est en somme toute que l'autre face du signe.

Tout comme les mots participent d'une sémantique générale, les signes appartiennent donc à une sémiotique générale.

Toutefois, alors que le mot exprime une réalité, et donc est ainsi porteur de sens, les signes n'ont de rapport qu'entre eux.

Mais tout comme les mots encore, les signes renvoient au symbole, au langage symbolique.

Les seconds s'attachant davantage au contenant, et les premiers exprimant le contenu, et donc le sens qui s'attache à ce contenu.

Le signe prévient, annonce ou confirme le symbole dont il est porteur à celui qui reçoit.

En ce sens, il est proche, dans le langage symbolique de la franc-maçonnerie, du signal qui signifie au propre, destiné à servir de marque, ce qui, on le verra, n'est pas innocent et sans rapport avec les différents sens du signe maçonnique.

Ce dernier, en tout cas, se réfère essentiellement à un langage symbolique spécifique, introduisant toujours au niveau de deux ou plusieurs interlocuteurs une perception immédiate de la corrélation signifiant-signifiée.

Il existe en réalité, dans le langage spécifique de la symbolique maçonnique, trois grandes sortes de signes.

Le signe-geste, qui regroupe les différents signes d'ordre, c'est-à-dire ceux que l'on exécute à tel ou tel grade de la hiérarchie, du premier au 33ème degré du rite écossais, ainsi que les attouchements corrélatifs à ces degrés.

Le signe-marque, qui est un vestige, dans la tradition maçonnique que l'on baptise improprement en spéculative, de la tradition dite opérative des maçons de métier.

Ces signes-marques ont à peu près disparu pour la simple raison qu'en devenant extérieurs aux métiers, la franc-maçonnerie moderne ne pouvait nécessairement que négliger la marque propre aux vrais constructeurs.

Le signe-symbole, enfin, qui s'exprime non plus par le geste, par la main de l'ouvrier, mais qui demeure extérieur à lui, s'exprime dans les outils, dans les objets sacrés, les figures géométriques, dans les tableaux tracés aux différents degrés, voire dans la figuration de la flore ou de la faune maçonnique que l'on retrouve en cheminant sur la voie du magistère.

Alors, d'abord, nous allons parler du signe en tant que geste.

Le signe pris en tant que geste, et appartenant à ce titre à la gestuelle propre au rituel maçonnique, est généralement individuel, mais il peut être aussi collectif lorsqu'il met en action la loge dans son ensemble.

Individuel, il est pris comme signe de reconnaissance, d'appartenance à la fraternité.

Il est propre à chaque degré, et nous l'étudierons à ce titre en prenant l'échelle des grades.

Collectif, il s'effectue de concert par l'ensemble des membres de la loge lors des différentes cérémonies d'initiation ou d'élévation à un degré supérieur, comme lors des rituels d'ouverture et de fermeture des travaux.

Le signe collectif atteint sa plus belle et sa plus pure expression dans la chaîne d'union, qui est sans doute le point culminant de tout le cérémonial maçonnique, à condition bien sûr que cette chaîne soit effectuée dans les règles.

Dans la tradition orientale, le mot de mudra désigne littéralement le signe ou le sceau et traduit une position particulière de la main ou du corps physique dans son ensemble.

Les mudras de l'hindouisme ont pour objectif de lier le physique au spirituel.

Ils servent à la concentration de la pensée sur le monde divin.

Proches des mains croisées du chrétien en prière, ces mudras, qui sont des gestes exécutés par les mains, sont au nombre d'une dizaine.

Ils expriment la méditation, l'enseignement, la route de la doctrine, la prise à témoin, l'absence de crainte, l'exhaustion des voeux, l'illumination, la sagesse suprême, la vénération et la foi.

Ils accompagnent ainsi dans les écoles ésotériques du Mahayana bouddhiste les mantras.

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